Les Compagnies Errantes

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 Les Gardiens de l'Equilibre

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Eleanora Liadon
Tueur de dragons
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Feuille de personnage
Race: Elfe
Classe: Rôdeuse
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Dim 5 Fév - 18:53

GLARDAT!!!!

Même si la réponse ne viens pas de toi, tu l'a parfaitement intégrée à ton récit (la preuve, on crois que c'est toi qui l'a inventé ^^ )

encore bravo ^^
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Glardat Tardax
Aventurier aguerri
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Feuille de personnage
Race: Humain
Classe: Roublard
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Ven 10 Fév - 19:02

Car l’équilibre est la plus précieuse des choses


Le passage à travers le portail fut instantané, et les yeux de Glardat traversèrent le mur de pierre aussi aisément que s’il avait été un mince voile de soie. La transition, en revanche, fut radicale : Il avait quitté les rivages de l’archipel et se trouvait désormais face une immense étendue herbeuse généreusement éclairée par un soleil aux dimensions impressionnantes. En contrebas se dressait la plus grandiose des constructions qu’il lui avait été donné de voir : La taille du bâtiment était colossale, et même depuis sa position surélevée Glardat ne pouvait le contempler dans son entier d’un seul regard. L’édifice semblait composer de deux parties, la base était un immense triangle qui représentait plus de la moitié de la longueur du bâtiment, à son sommet le plus élevé un cercle tout aussi gigantesque complétait cette association étrange. La forme qui en résultait semblait représenter schématiquement l’aspect d’une serrure. Mais si cette serrure était déjà forte impressionnante, la dernière des structure, quant à elle, défiait l’imagination du plus audacieux des gnomes architectes : Au centre du cercle se dressait une magnifique tour tout aussi cyclopéenne que le reste du monument. Elle défiait les cieux de ce monde avec une audace insolente qui aurait offensé bien des dieux, si tentait que ces êtres soient même capable de voir ce qui se déroulait dans cet endroit perdu entre les dimensions. Cependant la flèche ne se contentait pas de défier les hauteurs vertigineuses, diverse extensions plus ou moins imposantes venaient s’ajouter à l’édifice pour donner une ramification loufoque et parfois contraire aux lois physiques.
Glardat était pétrifié, jamais il ne se serait attendu à quelque chose d’aussi grandiose. Cela ne lui avait jamais effleuré l’esprit mais maintenant, il avait peur. Il commençait à peine à mesurer l’ampleur de son engagement auprès de Kalen. Qui était donc cet homme, même s’il lui paraissait très familier il ne savait quasiment rien de lui.
Celui-ci avait sans doute bien cerné les sentiments de son nouveau disciple et Glardat sentit une main réconfortante se poser sur son épaule.
«Bienvenu chez les Gardiens Glardat !
L’intéressé ne sut pas immédiatement quoi répondre mais demanda tout de même d’une voix mal assurée :
-Et…qu’est ce qui va se passer maintenant ?
-Et bien, pour commencer tu dois rencontrer le Grand Maître pour qu’il t’accepte parmi nous, expliqua son mentor, mais ne t’inquiètes pas, avec ma recommandation tu ne peux pas être rejeté.
-Mais si jamais cela se produisait, interrogea Glardat inquiet ?
-Je ne le permettrai pas !
Le ton de Kalen se voulait franc et rassurant, le garçon chercha donc à en savoir plus sur ce qu’il attendait.
-Il y a un Grand Maître alors, qui est-il
-C’est une bonne question. Viens je t’expliquerai en chemin de quoi il retourne exactement.
Kalen commença à descendre la pente herbeuse accompagné de Sidonis qui fut bientôt rejoint par son comparse.
-Il existe effectivement une certaine hiérarchie parmi les Gardien, reprit-il, On distingue tout d’abord les apprentis qui ne sont pas encore véritablement des Gardiens, ils poursuivent leur enseignement auprès de leur maître et de quelques autres Gardiens. Toi et Sidonis, par exemple êtes des apprentis. Viennent ensuite les Gardiens proprement dit, ils constituent la majorité de nos effectifs. Ils sont très nombreux, et il n’existe pas de véritable hiérarchie en leur sein. C’est surtout l’ancienneté qui prime. Au-dessus on trouve le cercle des Maîtres Gardiens, il compte actuellement cinq membres qui sont tous d’éminents spécialistes dans leur domaine. Ensemble ils constituent l’élite et le corps décisionnel de notre ordre. Enfin, tous les cinq ans un Grand Maître est élu à partir des Maîtres pour y présider, il tranche les décisions et s’occupe des affaires courantes pendant cinq ans. Par la suit son mandat peut être renouvelé une fois de façon consécutive, après quoi il est obligé de passer la main à un autres Maître pendant au moins cinq ans.
-Et toi Kalen, tu es un gardien donc ?
-Euh non, répondit celui-ci un peu gêné, moi je suis un Maître Gardien.
Glardat resta bouche bée, il savait que son maître était fort, mais il ne l’avait pas imaginé être un des élites d’une organisation aussi grandiose. Il commençait à trouver son mentor de plus en plus surprenant.

Le temps que Kalen termine son explication ils étaient déjà arrivés aux pieds du grand cercle, qui devait s’élever au moins sur quatre étages, La troupe pénétra à l’intérieur en passant sous des arcs voutés cyclopéens constitués de pierres sombres. Un large couloir reliait l’extérieur avec la vaste coure qui constituait le centre de la construction. La géométrie harmonieuse du lieu ainsi que l’abondante végétation produisait un agréable sentiment de bien-être et de sécurité. De grands arbres robustes et feuillus malgré l’hiver extérieur étaient disposés intelligemment, plusieurs petits sentiers de gravillons convergeaient vers la tour centrale. Il y régnait une douce activité, et çà et là on pouvait voir des couples de silhouettes encapuchonnées dissertant de choses et d’autres. Des maîtres étaient visiblement en train d’instruire leurs disciples de philosophie dans ce lieu propice à la réflexion. Sans que Glardat s’en soit aperçu, ses deux compagnons avaient eux aussi relevé leur capuchon comme le voulais l’usage. Après avoir emprunté un des chemins de gravier, Kalen invita le nouveau venu à pénétrer dans la tour, et à son actuel disciple de les attendre au pied de celle-ci.
Soudainement Glardat se retrouva plongé dans la pénombre de l’édifice, la première salle circulaire constituait une sorte de large vestibule, deux escaliers serpentaient de chaque côtés de la pièce pour mener au niveau supérieur. En face de lui, là où se rejoignaient les deux escaliers une petite alcôve laissait apparaitre des symboles qui irradiaient la pièce d’une douce lumière violette. Kalen s’approcha du renfoncement, il s’agissait en réalité d’un conduit qui parcourait la tour dans toute sa hauteur.
« L’office du Grand Maître est au dernier étage, expliqua-t-il, et comme tu l’as vu, la tour est beaucoup trop haute pour que l’on monte les étage un par un. De toute façon il n’existe aucun escalier pour aller au dernier étage, le seul moyen c’est de passer par là. Ne t’inquiètes pas, fais comme moi et tout se passera bien. »
A ces mots il s’engouffra dans l’alcôve, fit face à son élève et lui adressa un clin d’œil particulièrement espiègle semblable à sa mimique lorsqu’ils avaient traversés le portail. Puis il sauta sur place avec force et disparut dans les hauteurs de la tour. Glardat était de plus en plus étonné par l’étrange infrastructure du bâtiment, mais à côté du mur qu’ils avaient dû franchir, il trouvait cette façon de procéder bien plus amusante. Il alla donc se plaça au centre du petit cercle lumineux et donna l’impulsion la plus forte qu’il pouvait. Il se retrouva alors tiré comme par une immense main invisible le long de la flèche. Son corps tout entier s’’étirait sous la force de cette traction infernale sans que cela lui procure la moindre souffrance. Ce n’est que lorsqu’il arriva au sommet qu’il sentit son estomac se retourner et qu’il eut l’impression désagréable que ses pieds se trouvaient à quelques centimètres de sa bouche. Son corps flottaient dans le vide, juste au-dessus de l’abîme qu’il venait de parcourir le long du tunnel étincelant. Il avança donc d’un pas pour se retrouver sur le sol ferme du dernier étage où son mentor l’attendait.
« Ça secoue hein, tu verras, c’est encore plus drôle en descendant. »
Glardat ne prit cependant pas le temps de rire à la boutade de son maître tant il était occupé à étudier l’endroit où il se trouvait. L’étage était constitué de deux couloirs circulaires bordés par un mur central qui renfermait sans doute l’antre du mystérieux Grand Maître. La porte qui y menait se trouvait probablement à l’opposé du cercle. Ils commencèrent donc à marcher le long du couloir lorsqu’un homme imposant croisa leur chemin. Il devait facilement faire la même taille que Kalen mais paraissait beaucoup plus sombre que ce dernier, outre son capuchon, le bas de son visage était également dissimulé derrière un masque en tissu de couleur pourpre. Un imposant gilet en cuir noir dépassait des dessous de sa longue cape dont le revers était du même rouge sombre que son masque. Des yeux calculateurs, traduisant un esprit acéré, parachevaient se personnage inquiétant. Pourtant à sa vue Kalen esquissa un sourire :
-Tiens tiens, de retour toi aussi ?
L’intéressé ne répondit pas immédiatement, jugeant avec grande attention la personne de Glardat. Celui-ci se sentit comme transpercé par un tel regard. Il voyait dans ses pupilles l’expression d’un homme capable de lire dans les pensées les plus profondes et les mieux cachées, un regard qui avait contemplé la mort de nombreuses fois et dont la froideur extrême était la seule chose qui s’en dégageait. Il finit par répondre d’une voix tout aussi glacée :
-Tu nous ramènes encore un gamin Kalen, ce n’est pas un orphelinat ici. Celui-ci tremble de peur rien qu’en me voyant.
-Selon moi c’est une réaction tout à fait normale, et tu ne devrais pas le rejeter si rapidement, ce garçon à un énorme potentiel.
-Tu disais déjà la même chose de Sidonis, ironisa l’inconnu.
-C’est parce que c’est tout aussi vrai, ces deux jeune gens sont des éléments de la plus haute importance si tu veux mon avis.
-Non merci je n’en ai nul besoin, déclina poliment l’homme masqué. Je tiens d’ailleurs à te faire remarquer que ton cher prodige n’a pas été capable de vaincre ma protégée.
-C’est vrai que tu l’as bourrée de techniques, mais tu l’entraines depuis de nombreuses années, je n’ai rencontré Sidonis qu’il y a un an et celui-ci il y a à peine deux semaines, pourtant ils sont déjà très forts, et lui, il mit ses mains sur les épaules de Glardat, est vraiment très rapide.
-Hum, et bien nous verrons ça. Si tenté que Fenrir l’accepte parmi nous.
-Il le ferra, ça ne fait aucun doute.
Leur mystérieux interlocuteur haussa légèrement ses sourcils quasi inexistants puis se dirigea vers le tunnel lumineux.
-A très bientôt Kalen, j’ai hâte de voir ce que donneront tes élèves.
-Moi aussi, Neelus.
L’homme disparut dans la lumière du tunnel.
-Qui était-ce, demanda aussitôt Glardat complétement apeuré ?
-Neelus, un de mes comparses Maître Gardien. Aussi sombre qu’une nuit sans lune, mais diablement efficace. Par ailleurs c’est un fin stratège, extrêmement perspicace.
Glardat se remémorait son œillade et n’avait aucun mal à imaginer un tel homme obtenir toutes les informations qu’il désirait à force de torture psychologique où physique.
-Bien, continuons suggéra Kalen. »
Le maître et l’élève eurent tôt fait de faire le tour du couloir, et arrivèrent devant l’unique porte. Composée d’un bois sombre et ornée de lanternes. Elle aurait pu paraitre accueillante sans les deux gardes peu orthodoxes qui en ceignaient les côtés. Deux êtres à la peau écarlate se tenaient debout, guettant les intrus. Leur torse était dévêtu, seul le bas de leur corps était recouvert d’un ample pantalon de tissu blanc. De magnifiques ailes de plumes reposaient dans leur dos, d’un blanc nacré à leurs bases, du plus obscure des noirs à leurs pointes. Leurs yeux pâles, sans pupille semblait regarder un point fixe sur le mur en face d’eux. On aurait pu les confondre avec de fantastiques statues si leur chevelure n’avait pas été incandescente.
Glardat contempla avec respect ces deux gardiens visiblement redoutables à l’apparence à la fois angélique et démoniaque. Kalen lui expliqua qu’il allait d’abord enter seul, et qu’il viendrait le chercher ensuite. Il pénétra donc dans la mystérieuse pièce après avoir montré le même anneau que celui qu’il avait utilisé pour franchir le portail à l’un des deux cerbères.

Glardat attendit pendant de longues minutes le retour de son maître. Le tête-à-tête avec ces deux créatures immobiles dans un silence parfait qui faisait résonner le moindre murmure se révéla assez oppressant pour le jeune garçon. Pendant un instant il ne put s’empêcher de se demander où il avait bien pu tomber.
Peu après Kalen ressortit et lui fit signe d’approcher.
« Fenrir va te recevoir, tu dois y aller seul. »
Glardat ne trouva même pas le courage de protester, et il franchit la porte sans mot dire.
Celle-ci se referma derrière lui et il pénétra dans ce qui semblait être un vaste bureau. Les murs étaient parsemés d’étagères et de bibliothèques dont la forme était assortit à l’aspect sphérique de la construction. Le meuble principal se tenait au centre de la pièce, L’homme encapuchonné qui l’attendait était confortablement assis derrière. Son visage était éclairé par les multiples bougies posées sur l’écritoire, il s’agissait là d’un visage extrêmes marqué par de nombreuses années difficiles, sa figure exhibait des sillons multiples et profonds qui auraient presque put faire penser à des balafres. Ils étaient pourtant tous parfaitement symétriques. Le vieil homme dévisagea un instant le garçon et un sourire vint aussitôt fendre sa peau qui sembla tomber en ruine. Il s’adressa à l’arrivant d’une voix sourde et rocailleuse :
« Voici donc le dernier des Tardax, le jeune Glardat c’est bien ça ?
Glardat acquiesça d’un signe de tête.
-Kalen m’a beaucoup vanté tes mérites tu sais, je crois effectivement que tu ferais une recrue de choix. Mais avant toute chose, ton maître t’a il entretenu sur la nature de notre ordre ?
-Notre conversation a été interrompue, raconta le garçon, j’ai cru comprendre que vous défendiez l’équilibre.
- Nous le conservons, corrigea-t-il. Vois-tu notre monde a été conçu pour que l’on puisse y trouver toute chose ainsi que son contraire en proportion égale. Il existe des lieux au-delà du notre où on ne trouve que le feu, que l’eau, d’autre où tout est régit par la loi, et d’autre où tout n’est que chaos perpétuel. Toutes ces choses se retrouvent dans notre monde et lui permettent de subsister. Le même discours s’applique aux hommes. Il en existe des vertueux, des lâches, des braves et tous sont nécessaires au fonctionnement de la société. Personne ne pourrait prétendre pouvoir définir un acte vertueux s’il n’existait pas parallèlement des actes maléfiques, car toutes choses à besoin de son contraire pour exister. Les hommes ne comprennent pas, en général l’intérêt d’un tel équilibre et tendent à le détruire. Heureusement leurs actions opposées ont souvent tendances à se compenser et à s’annuler. Mais, lorsqu’une nouvelle magie et découverte, lorsque les force d’une cause trouve un champion trop puissant, l’équilibre devient menacé et nous intervenons pour le rétablir. Nous sommes les poids fluctuants d’une balance infiniment complexe, renforçant tantôt un plateau, tantôt l’autre. Nous ne sommes ni bons, ni mauvais, il nous est arrivé d’aider aussi bien des démons que des anges en fonction de la situation. Nous n’intervenons qu’exceptionnellement en personne, autant que possible nous agissons dans l’ombre, garants de l’équilibre du monde.
Fenrir se tut, sa tirade terminée. Bien qu’un peu perdu par les explications du vieux sage, Glardat trouvait son discours fort convaincant, il voyait là une philosophie où chacun avait sa place et son rôle à jouer, et même l’existence d’un simple voleur à la tire comme lui prenait un sens aux yeux du monde. Plus il y pensait, et plus il était séduit par la doctrine qu’on lui exposait car pour la première fois défendre une cause n’impliquait pas de se renier soit même, l’esprit demeurant libre dans sa réflexion.
Fenrir avait observé le jeune garçon pendant sa cogitation et poursuivi :
-Ceux qui prêtent le serment, des Gardiens endossent un nouveau rôle au sein de l’équilibre du monde, ils en deviennent les défenseurs de l’ombre, empêchant notre monde de sombrer dans l’un des extrêmes. Nous Gardiens, défendons l’équilibre, car l’équilibre et la plus précieuse des choses.
-Je… Je suis d’accord, parce que, Glardat réfléchit un instant… Parce que l’équilibre est en chacun de nous.
A ces mots les lèvres moisies du Grand Maître se déformèrent en une insoutenable parodie de sourire néanmoins plein de franchise.
-Tu as l’âme d’un Gardiens jeune Glardat, tu es le bienvenu dans notre Ordre. Alors dis-moi, sur quoi repose l’équilibre ?
Glardat se remémora instantanément la question qui leur avait été posée dans les ruines de l’archipel, et il répondit sans hésitation :
-L’équilibre repose sur l’indifférence !
-Exactement, c’est le fondement de notre doctrine, déclara le vieil homme en montrant du doigt une plaque de bronze gravée qui se trouvait derrière son bureau.
Glardat ne l’avait pas vu car elle n’était pas éclairée, mais on pouvait y lire :

L’équilibre repose sur l’indifférence :
Embrasser une cause, devenir bon ou mauvais engendre la perte de l’équilibre.
Après quoi aucune action n’est digne de foi.
Notre serment prône la non-dépendance de l’esprit.


-Il s’agit là de notre credo mot pour mot, poursuivit Frenrir ; puisse-t-il t’accompagner tout le long de ton initiation.

Sur ces mots le Grand Maître raccompagna le jeune disciple à la porte de son bureau et lui adressa un chaleureux sourire d’adieu qui menaça son visage de tomber en lambeaux.
Kalen l’avait attendu et l’accueillit avec joie :
-Désormais, tu es engagé sur la voie des Gardiens, déclara-t-il. C’est un credo très difficile à appréhender que le nôtre car nous ne nous rangeons dans aucune des catégories existantes.
-Je le trouve très sage, même s’il me semble en pratique assez dur à mettre en œuvre.
-Tout juste, confirma Kalen ! Chacun doit penser comme le tout, et le tout doit agir comme chacun, c’est très paradoxal.
-Je ne comprends pas tout, avoua Glardat.
-Moi non plus ! »
Le sourire si particulier de son mentor acheva de conforter Glardat, il avait finalement pris la meilleure des décisions possible en le suivant ce soir-là.

Les deux compères descendirent de la tour par le même moyen qu’ils avaient utilisé pour monter et rejoignirent Sidonis qui ne les attendait pas seul, Neelus se trouvait à côté de lui et il était accompagné d’une charmante jeune fille. Celle-ci devait avoir le même âge que Glardat, elle était un peu plus grande que lui et était vêtue d’une combinaison d’entrainement beige une large ceinture ceignait sa taille. Bien qu’elle commençait seulement à développer ses atouts de femmes, il était facile de prévoir que les années à venir la rendraient magnifique tant elle était déjà belle. Elle était élancée et se membres étaient fins et gracieux. Ses longs cheveux châtains étaient attachés dans son dos, ses yeux ambre dévisageaient Glardat avec attention.
Celui-ci sentit son far rosir légèrement à la vue de la jeune fille, elle était décidément très jolie.
« Salut Kalen, lança-t-elle avec entrain !
-Salut Elmeïss, répondit celui-ci d’un air blasé.
-Voyons voir ce dont est capable ton nouveau protégé, proposa Neelus, qu’en dis-tu Kalen ?
-Tu sais, nous venons à peine de renter.
-Nous aussi.
-Bien, dans ce cas allons dans une salle…
-Ici ce sera très bien.
-Cette zone est réservée aux études Neelus.
-Cela ne sera que plus divertissant, conclu-t-il.
Le maître de la jeune fille leur présenta le petit sentier de gravier.
-Mettez-vous face à face, le but de ce combat sera de faire sortir votre adversaire du sentier. Compris ?
Glardat analysa un instant la largeur du chemin : c’était très étroit.
La dénommée Elmeïss ne se fit pas prier et alla se placer sur les graviers en face de son adversaire. Glardat était ravi, il allait pouvoir se défouler d’une semaine sur le navire et mettre à profit les enseignements de son maître. Il se mit lui aussi en position face à son opposante oubliant presque la beauté de celle-ci.
-Bien, allez-y, ordonna Neelus !
Instantanément la fillette décocha une impressionnante série de coups de pieds que Glardat dut parer en catastrophe tant elle était rapide, elle enchaina par la suit avec un coup de paume lancé avec force que le jeune garçon reçu de plein fouet. Il fut projeté en arrière, mais ne franchit pas les limites de l’arène. Il se releva péniblement alors que la jeune fille lui adressait un sourire narquois. Ce sourire déclencha une réponse orgueilleuse du garçon qui projeta une poigné de gravier au visage de son adversaire avant de réaliser ses propres enchainements. Déstabilisée elle ne put éviter tous les coups et se retrouva à la limite du terrain. Et alors qu’elle allait sortir de l’arène elle agrippa sont opposant. Les mouvements qui suivirent furent d’une rapidité déconcertante. La jeune fille rapprocha son visage de celui de Glardat et déposa sur sa joue un délicat baiser. Les déplacements du garçon furent stoppés net, il ne sentit rien lorsqu’Elmeïss le poussa hors de l’arène. Ses yeux étaient écarquillés et le seul son qu’il réussit à produire fut une onomatopée gutturale assez pitoyable.
«Bien je vois que tu formes tes disciples à des tactiques assez peu conventionnelle, constata Kalen.
Neelus se contenta de répondre par un regard satisfait envers son élève.
-G...
Sidonis était atterré par le retournement de situation, il regardait tantôt son compagnon, tantôt la jeune fille sans vraiment réaliser ce qui s’était passé.
-T’es pas mauvais, lança Elmeïss à l’adresse de son adversaire, mais tu restes vachement prévisible.
-G...
Kalen soupira en passant sa main le long de son visage. Il y avait visiblement quelques lacunes dans son enseignement.
-Tes petits prodiges sont encore très immatures Kalen, poursuivit Neelus, tu devrais leur apprendre comment se comporter avec les demoiselles.
-Eh Bien se sera pour plus tard, trancha celui-ci visiblement agacé, viens Glardat je vais te faire visiter les lieux.
-G… »
Nouveau soupir de Kalen.


Il fallut un certain temps pour faire sortir le jeune garçon de sa torpeur, il suivit ensuite rapidement son maître, désireux de s’éloigner au plus vite de sa belle antagoniste. Il découvrit alors plus en profondeur, ce que renfermait le mystérieux repère des Gardiens : On lui présenta donc la bibliothèque la plus vaste qu’il lui avait été donné de voir, il s’avéra que tout le cercle constituait la bibliothèque qui, selon les dire de Kalen, était sans doute la plus grande et la mieux fournie de tout le continent. En effet, cette déclaration ne semblait guère prétentieuse lorsque l’on contemplait les colossales étagères de bois supportant des centaines de volumes tous rangés et ordonnés avec soin. Des tables d’étude étaient disposées à intervalle régulier, toutes munies d’une ou plusieurs bougies. Glardat ne tenait pas en place et ne voulut pas repartir avant d’avoir fait le tour complet du bâtiment. Il examina les intitulés de chaque étagère sans éprouver la moindre lassitude, se laissant transporter par son imagination et son insatiable désir de connaissance. On le mena ensuite dans l’édifice en forme de triangle. Celui-ci était plus vaste que le précédent et renfermait de nombreuses salles. Tout le sommet du triangle était constitué de salles réservées à l’enseignement théorique de diverses pratiques. Elles étaient surtout utilisées par les Gardiens qui pratiquaient la magie profane car de longues et pénibles heures d’études étaient nécessaires pour qui espérait un jour maîtriser cet art prodigieux. Au centre du triangle, une immense cour était aménagée pour servir de terrain d’entrainement. Champs de tirs, courses d’obstacles, arènes de combats remplissaient cet espace aux proportions gigantesques. Les bordures du bâtiment avaient, quant à elles, été aménagées en dortoirs, et la base du triangle étaient constituée d’une salle de détente dans laquelle on pouvait trouver de confortables fauteuils, des échiquiers et autres jeux de réflexion ; d’un réfectoire ; et même d’une taverne. L’ensemble aurait été parfaitement complet sans l’absence d’un temple ou d’une quelconque chapelle. Cependant la neutralité qu’affichaient les Gardiens à l’égard de toutes choses leur interdisait la moindre ferveur religieuse envers des dieux qui, bien souvent, avaient une vue assez étroite du monde à travers l’œillère d’un alignement unique. Les prêtres étaient d’ailleurs la seule caste non représentée parmi les Gardiens si ce n’est par les rares spécialistes de la magie divine. Toutefois en raison des nombreuses missions qui leur étaient confiées, un petit autel était consacré à Fharlanghn, le dieu des voyages, près du portail qui menait vers l’extérieur.

La nuit était tombée et on avait allumé les lanternes dont les lumières zébraient les couloirs. La pierre sombre qui constituait les lieux semblait, à chaque instant, aspirer la lumière, le bâtiment se retrouva plongé dans une sereine pénombre. Glardat était éblouit par ses lieux à la fois inquiétants et enchanteurs dans lesquels on ne croisait que de fugitives silhouettes au capuchon relevé.
Une fois sa visite terminée les deux élèves se posèrent au réfectoire en compagnie de leur maître et partagèrent un repas qui se révéla de bonne qualité, a l’image de toutes les choses qui composaient le bâtiment : il était équilibré.
Au fur et à mesure que l’heure avançait, Glardat sentait la fatigue le gagner, le voyage l’avait tout de même épuisé et cette journée s’était révélée chargée de nombreuses émotions. Sidonis et lui prirent donc la direction du dortoir après que Kalen leur ai donné rendez-vous à l’air d’entrainement pour le lendemain. C’est après avoir gravit deux des quatre étages du bâtiment, que les deux garçons s’arrêtèrent finalement devant une des nombreuses portes qui bordaient le corridor. Jusqu’à présent Sidonis ne partageait sa chambre avec personne mais la pièce était déjà aménagée de telle sorte qu’on puisse y logé un deuxième élève. Glardat déposa donc ses affaires dans la partie qui lui était désignée et s’effondra sur le lit.
« Alors, comment trouves-tu l’endroit, questionna Sidonis ?
-Exceptionnel, répondit le nouveau venu le nez dans son oreiller.
L’autre garçon alla, lui aussi, s’allonger sur son lit.
-Tu verras, c’est un vrai bonheur de vivre ici, et quoi que Neelus puisse dire, moi je crois que c’est Kalen le meilleur des Maîtres.
-C’est sûr, approuva celui-ci !
Même si Glardat n’avait aucune idée de la force que pouvait avoir ce terrifiant personnage, il n’appréciait pas l’idée que quelqu’un se moque de son maître.
-Et cette Elmeïss quelle Pimbêche ! Elle a à peine notre âge et madame joue déjà de ses charmes, c’est à peine croyable !
-Apparemment ça marche, remarqua son comparse en frottant sa joue à l’endroit où la jeune fille avait posé ses lèvres.
-Ouais, et ben je peux te garantir que ça fonctionnerait pas avec moi, moi j’en aurais profité pour la contrer.
-Ah, alors comment as-tu perdu la dernière fois face à elle, rétorqua le garçon légèrement vexé ?
-Sidonis se redressa sur son lit, Comment le sais-tu ?
-C’est Neelus qui s’en ait vanté quand on l’a croisé dans la tour, expliqua Glardat.
-Ah. Ben, en fait elle m’a dit qu’elle ne voulait pas se battre parce qu’elle ne voulait pas me faire mal, et après elle m’a attaqué dans le dos.
Le teint de Sidonis vira au rouge lorsqu’il croisa le regard espiègle de son compagnon de chambrée.
-Je peux te garantir que la prochaine fois je ne me laisserai pas avoir, déclara le garçon avant de se glisser sous sa couverture.
-Ouais, répondit simplement l’autre en l’imitant.
Décidément Glardat n’avait pas envie de blesser la jeune fille.

Allongé sur son lit, il ruminait les évènements depuis sa fuite de l’orphelinat. Sa vie dans les ruelles de Croul, Son inoubliable rencontre avec Kalen et le voyage qui l’avait suivi. La découverte de ce nouvel environnement le fascinait et son imagination commença à s’emballer lorsqu’il se demanda ce que l’avenir pouvait bien lui réserver. Il réalisait que cette journée allait marquer un tournant décisif dans son existence. Le jeune garçon s’endormit lentement l’esprit remplit de sentiments divers et de questions sans réponses.

Le lendemain Kalen les attendait de pied ferme sur le terrain d’entrainement. Ce fut le début d’un très long apprentissage…





























































L’équilibre repose sur l’indifférence





































A suivre...










Dernière édition par Glardat Tardax le Mer 22 Fév - 20:47, édité 1 fois
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Karélia Deldida
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Mer 15 Fév - 19:14

Génial !!!
J'adore =D

Vraiment fantastique ^^ Je n'ai plus du tout cette impression que les évènements s'enchaînent à toute vitesse !
Au contraire ; je déguste tout Very Happy

Je me permet juste de répondre à une remarque précédente de Lith à propos de la chaloupe : n'importe quel gros bateau doit en être équipé. Il ne peut aborder une île si elle n'est pas aménagée pour le recevoir : imagine ce qui se passerait si le frottement sur le sol soulevait le navire et faisait que l'eau n'atteignait plus la ligne de flottaison !? Il risque très fortement de se mettre à pencher ^^
(dédicace de la leçon à mon papy Wink )

Comme Éléanora, je n'ai rien à redire ! Et le petit jeu moqueur entre les garçons à propos d'Elmeïss est vraiment crédible ^^ Sont vraiment marrants les petits bouts d'homme qui rencontrent un petit bout de femme Razz


Sinon je suis vraiment conquise, ton travail est extraordinaire vraiment !! =)
Félicitations et j'attends la suite avec impatience !


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Glardat Tardax
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Ven 17 Fév - 19:05

Parce que tu ne peux rien me refuser


Le soleil était haut dans le ciel et dispensait généreusement sa lumière dans la grande cour. L’atmosphère de ce lieu avait toujours été gouvernée par l’habitude, et à cette heure de l’après-midi les occupants étaient accoutumés à entendre le crissement de l’acier résonner dans l’enceinte. Comme chaque jour le combat faisait rage, et comme chaque jour, c’était avec le même entrain que les adversaires se plaisaient à peaufiner leur technique. Un homme imposant se tenait là, son souffle était profond et sa garde assurée. Les sillons qui creusaient ses paupières et sa barbe de-trois-jours grisonnante trahissaient son âge, mais ce sont ces années d’expérience qui lui faisaient garder l’ascendant sur ses adversaires. La sueur perlait sur les rides de son sourire si particulier. Deux jeunes hommes, de taille et de corpulence semblables lui faisait face. Les cheveux blonds hirsutes du premier voilaient légèrement ses yeux azurs dans lesquels on pouvait clairement lire la plus farouche des déterminations. Les prunelles du deuxième étaient aussi noires que sa chevelure et on y ressentait la même volonté de fer. A l’image de leur adversaire les deux adolescents souriaient du plus franc des sourires. Le silence de cette courte trêve fut rompu lorsque les deux jeunes décidèrent de réitérer leur assaut : Leurs attaques étaient coordonnées et ils tentaient tour à tour d’enfoncer la garde de leur coriace opposant en le prenant en tenaille. Malgré leurs efforts ce dernier protégeait ses flancs avec une redoutable vélocité et distribuait de vicieuses contre-attaques qui minaient grandement les enchainements de ses antagonistes. Le garçon blond se recula alors pour sortir de sa ceinture une fine baguette d’if dont il fit jaillir quatre sphères multicolores qui fusèrent en direction du quadragénaire. A la vue des projectiles celui-ci disparut aussitôt dans un craquement sec, il profita de son déplacement instantané pour contrer celui de ses adversaires qui était resté au corps-à-corps en réapparaissant derrière lui. Toutefois jeune homme aux cheveux noir avait anticipé ce mouvement et frappa sans se retourner grâce à une lame fixée à son coude obligeant de nouveau son opposant à clignoter. Comme les deux équipiers l’avait prévu il se matérialisa au niveau du possesseur de la baguette, ce fut là son erreur, celui-ci avait amorcé son contre avant même que son adversaire se soit matérialisé, profitant de cet avantage pour l’immobiliser, la pointe de sa baguette sur son torse, tandis que l’autre se trouvait déjà en position pour lui envoyer une salve de dagues de jets. Les combattants restèrent un moment dans cette position, puis cessèrent toute agressivité, rétablissant leur sourire.
Kalen était particulièrement fier des progrès qu’avaient réalisés ses deux élèves pendant ces cinq années. Il leur adressa un de ses fameux sourires dont le sentiment profond restait toujours indéterminé.
« Bravo ! Bravo à tous les deux. Vous anticipez de mieux en mieux mes mouvements. Glardat, Sidonis. Je pense que bientôt, vous ne serez plus digne d’être mes élèves.
Les deux garçons bien que conscients de leurs progrès furent frappés par la remarque de leur maître. Ce compliment était pour eux l’aboutissement d’une longue série d’épreuves qu’ils avaient traversé ensemble. Ils échangèrent un regard satisfait et s’adressèrent à Kalen sur le ton de la plaisanterie.
-Oui, pour éviter cette attaque il aurait fallu que tu puisses voler sans ta cape.
-Mais j’ai déjà volé, reprit-il ! On attaquait…
-On sait, répondirent en chœur ses disciples qui avaient déjà entendu ce récit à mainte reprises.
-Kalen eut l’air un peu déçu mais conserva son sourire. Bien, dans ce cas allez-vous reposer, je vous retrouve demain. »
A ces mots, le Maître rengaina son épée et s’éloigna en direction de la taverne, probablement pour y siroter un rafraichissant vin aux épices. Les deux élèves, quant à eux, quittèrent la cour en direction de leur chambre. La petite pièce avait bien changé depuis l’arrivée de Glardat : le désordre propre aux adolescents s’y était installé, les étagères et autres écritoires avaient étaient remplis d’objets hétéroclites, des livres, des armes, et divers objets rapportés des quelques voyages effectués à l’extérieur. La moitié réservée à Sidonis semblait plus ordonnée mais était tout aussi chargée par les babioles les plus diverses. Ils eurent tout deux le reflexe habituel de se laisser tomber sur leur lit respectif.
« On a finalement réussit à l’avoir le vieux bougre, déclara Glardat triomphant, après tout ce temps.
-Ouais, enfin je suis persuadé qu’il aurait pu nous battre s’il l’avait voulu…
-Mais tu as entendus comme moi ce qu’il a dit.
-Oui, je trouve ça surprenant.
-Moi je trouve ça très gratifiant au contraire !
Celui-ci attrapa machinalement l’instrument que lui avait offert Talkar quelques années plus tôt et commença un petit air. Il maîtrisait bien l’objet à présent et pouvait en tirer d’harmonieuses mélodies
-Alors nous allons enfin devenir de vrais Gardiens… Je n’y avais jamais vraiment songé.
-Moi non plus, avoua Glardat en contemplant pensivement son plafond, les doigts toujours positionnés sur sa flûte. Tu crois que nous vivrons autant d’aventures que Kalen ?
-Pour celles qu’il a vraiment vécues tu veux dire ! Je doute que la moitié de ce qu’il nous a dit ait pu réellement se produire, ricana Sidonis.
-Disons que je me plais à y croire. Ça doit tout de même être fantastique de pouvoir voler.
-Il y a des capes ou des anneaux pour ça, répondit son comparse de façon pragmatique.
-Non, je voulais dire lors de l’assaut de la forteresse dans le Nord.
-Tu veux parler de la fois où il s’était allié avec un cercle druidique qui assiégeait la citadelle d’un mage noir, et que, à cause des fortifications, ils ont du faire passer les équipes d’assauts par le ciel dans la bouche de goélands géants ?
-Oui, ça devait être amusant !
Sidonis s’imagina un instant prisonnier dans le bec d’un oiseau géant en compagnie d’une petite troupe armée jusqu’aux dents, survolant les montagnes, en attendant d’être largué sur le château d’un puissant nécromancien… C’était effectivement amusant.
-Il ne faut pas oublier qu’il sera peut-être le prochain Grand Maître, poursuivit Glardat.
Il est vrai que le quinquennat de Fenrir touchait à sa fin et Kalen faisait partie de ses potentiels successeurs.
-Pour ça je veux bien, admit-il, mais tu ne me ferras pas croire que tu l’imagines s’envoyer en l’air avec une vingtaine de jeunes elfes !
-Ah, la fois où il s’est retrouvé par accident enfermé dans le harem du roi sylvains de l’Ouest… Il est tout à fait possible que ce soit arriver, après, de là à ce qu’il se les soit toutes faites… Il devait être vraiment jeune !
-Ou entouré par une vingtaine de pucelles.
-Des pucelles dans un harem… T’es très drôle, ironisa Glardat.
-Ouais bon, elles ne devaient pas être bien dur à satisfaire alors, ça reste des sylvains !
-Je ne sais pas. C’est vrai qu’ils sont petits mais ça ne veut rien dire, regarde les nains.
- Non mais là c’est un mauvais exemple ! Et puis en parlant de s’envoyer en l’air, Elmeïss ne t’avais pas donné rendez-vous maintenant ? Je me demande ce qu’elle te veut, ce n’est pas dans ses habitudes de convoquer les gens.
A l’instant même où son comparse évoqua le sujet les pommettes de Glardat se mirent à rougir. Il faut bien dire que les années avaient incontestablement jouées en faveur des deux garçons qui étaient devenus de très beaux jeunes hommes. Ils étaient des plus séduisants et charismatiques. De plus les deux adolescents usaient et abusaient sans vergognes de ces avantages, prenant plaisir à ensorceler les jeunes apprenties. Glardat, à la différence de Sidonis conservait dans son cœur l’image de la jeune fille rencontrée lors de son arrivée. Il avait, en effet succomber à ses charmes au cours d’une précédente mission durant laquelle Elmeïss avait été désignée pour compléter l’équipe de Kalen. Il se leva et se dirigea donc vers la porte.
-Bonne chance, marivauda son ami encore allongé. »
Glardat l’ignora.

Lui aussi était particulièrement intrigué par le rendez-vous que lui avait fixé Elmeïss, il ne s’agissait sans doute pas d’un rendez-vous galant… Même s’il l’espérait.
Il l’aperçut bientôt, au détour du couloir qui avait été convenu. Les années avaient fait d’elle une jeune femme splendide : son corps s’était gracieusement allongé, pour prendre des proportions parfaites, son visage était doux et ses yeux pétillaient d’une vivacité incroyable. Sa poitrine et ses hanches dégageaient une intense sensualité qui ne laissait pas Glardat indifférent… loin de là. Il tacha alors de prendre un air neutre pour s’adresser à elle, il n’était cependant pas très adroit et son ton parut plus agressif que neutre.
« Alors, pourquoi m’as-tu fais venir ?
-Ah oui, j’oubliais, commença la jeune fille sur un ton fataliste, tu as déjà toutes filles à tes pieds, alors quel intérêt pourrais-je bien avoir à tes yeux ? C’est vrai, je me suis fait des idées, quelle sotte !
-Mais non pas du tout enfin… C’est-à-dire, ce que je voulais dire en fait c’est…
-Je plaisante voyons ! T’es toujours aussi prévisible toi ! La jeune fille avait retrouvé le ton et le sourire espiègle qui lui étaient familiers.
Glardat se renfrogna quelques peu :
-Oui bon alors, tu me veux quoi ?
Celle-ci commença à faire de grands pas autours de lui sans vraiment le regarder.
-Et Bien, J’aurais besoin que tu me rendes un service, commença-t-elle.
-Quel genre, questionna Glardat ?
-J’aurais besoin d’un livre.
-Rien de plus facile, répondit-il aussitôt, je connais parfaitement la bibliothèque !
La jeune fille continua sans se laisser distraire par le fanfaron.
-Un qui se trouve dans la réserve.
Le sourire de Glardat s’évanouit immédiatement. Les livres entreposés dans cette partie du bâtiment étaient strictement interdit à la lecture par les simples novices tels que lui. De plus, les lieux étaient constamment gardés par d’horribles créatures, des globes volant, à la peau maladive dont la couleur faisait penser à celle de la mousse qui envahissait les marécages. Ils étaient surmontés d’une dizaine de pseudopodes, chacun se terminant par un œil féroce et terrifiant. Leur œil central, irrigué par de multiples veines saillantes faisait froid dans le dos dès que le regard d’un imprudent le croisait. Glardat savait cela car il avait lui aussi succombé à la tentation de visiter la bibliothèque de nuit et c’était retrouvé nez à nez avec l’un de ces monstres horribles. Sans l’intervention de son maître il serait son doute déjà dans l’autre monde.
-Mais c’est impossible enfin ! Et puis l’entrée de la réserve est fermée !
-J’ai chipée ça dans les appartements de mon maître, ça pourra certainement t’être utile.
Elle lui tendit un morceau de papier sur lequel était tracé un de ces hiéroglyphes que Glardat connaissait bien. Il s’agissait là des symboles que les Gardiens utilisaient habituellement pour communiquer entre eux et échanger des informations confidentielles. Ces glyphes étaient d’une rare complexité, possédaient bon nombres de variantes infiniment subtiles, il lui avait fallu plusieurs années pour saisir les bases de leur lecture.
-Tu penses que ça ouvres la porte ?
-Tout juste, répondit Elmeïss avec un clin d’œil malicieux.
-Et on admettant que ce soit le cas pourquoi est-ce que je ferais ça ?
La jeune fille posa son menton sur l’épaule du jeune homme et leva vers lui ses yeux charmeurs :
-Parce que tu ne peux rien me refuser.
Elle glissa tendrement dans la main du garçon un petit bout de papier contenant les références de l’ouvrage désiré, puis s’en alla en sautillant.
-Alors à demain ! Avec le livre hein !
-G… »
Même si Glardat avait indéniablement progressé en matière de séduction, Elmeïss restait la seule avec laquelle il continuait à employer les méthodes de son enfance.

Le soir venu, alors que le silence s’était emparé des lieux et que les lanternes avaient été soufflées le jeune roublard sortait de ses quartiers pour commettre le larcin que lui avait commandé sa douce. Elle avait raison décidément, il ne pouvait rien lui refuser. L’entreprise était folle, mais Glardat était comme manipulé par des cordes invisibles. Cela mettrait à l’épreuve ses talents se disait-il pour se motiver alors qu’il arrivait devant les deux portes massives de la bibliothèque. Elles étaient bien sur verrouillées, mais comme par le passé il parvint sans trop de difficulté à en crocheter la serrure.
Tel une ombre, il pénétra donc dans le bâtiment circulaire. Tout était calme. Le silence n’était troublé que par un léger sifflement dans le lointain, le même sifflement que produisaient les créatures volantes lors de leur ronde implacable. L’intrus se faufila donc en longeant les étagères, soucieux d’échapper à la vision de cerbères. Il arriva bientôt en vue de la petite porte qui marquait l’entrée de la réserve, se félicitant d’avoir pu éviter toute rencontre avec un des monstres. La chance tourna lorsqu’il entendit un sifflement strident se rapprocher dangereusement. En effet, un globe monstrueux ne tarda pas à surgir de la rangée opposée, lui barrant le chemin. Il fallait agir vite avant que la créature ne le repère, Glardat prit un livre sur sa rangée et le fit glisser sur le sol sur sa droite. Le bruit attira le monstre que se rapprocha à vive allure. Glardat eut à peine le temps de quitter la rangée en passant par la gauche. Il arriva très vite devant la porte de bois qui le séparait de la réserve tant convoitée. La porte était faite de bois massif et semblait normale si ce n’est qu’elle ne possédait ni poignet, ni serrure. Glardat y avait réfléchi et pensait savoir comment il convenait de s’y prendre pour l’ouvrir : il sortit de sa poche le morceau de papier sur lequel était tracé le glyphe. Il appliqua ensuite son index sur la porte et tâcha de reproduire le même dessin. Ce fut assez difficile tant le dessin était complexe, mais au bout du troisième essai la porte disparue laissant le passage libre à des escaliers qui descendaient vers d’obscurs sous-sols.



A suivre......
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Ven 24 Fév - 13:39

J'adore Glardat!!!! Ses réactions et ses répliques avec Elmeïss sont trop mignonne.... J'adore comment elle gagne le premier combat et comment elle le manipule pour le livre ^^

Question juste comme ça.... C'est vraiment possible pour un garçon de faire ça? De ne rien pouvoir refuser? (ça me parais un peu... Heu.... Conte de fée ^^' mais après, je me trompe peu être)

En tout cas, j'aime beaucoup l'ambiance de ce récit, avec ce qu'il faut d'action, de romantisme et de description. Comme toujours, je suis prise par l'histoire et je m'évade dans ton univers qui me permet de découvrir les aventures de Glardat.

p.s. ma phrase culte est bien sur le titre, cette phrase est tellemnt cool, sensuelle et romantique <3
"tu ne peut rien me refuser"
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Ven 24 Fév - 19:04

L’équilibre de toute chose tu conserveras.


Les marches se succédaient inlassablement dans les ténèbres. Il descendit l’escalier le plus long qu’il avait jamais emprunté pour finalement se retrouver dans le plus vaste des souterrains. Devant lui serpentait des entrelacements labyrinthiques de couloirs et de croisements. Les murs de pierre étaient constellés de renfoncement dans lesquels s’entassaient des ouvrages millénaires. Les moindres références semblaient inutiles dans pareils abysses, mais dès le premier carrefour le jeune explorateur se figea en entendant des voix résonner entre les dalles de pierre.
Dissimulé, Glardat observait la scène : sept silhouettes étaient regroupées autour d’un brasero et semblaient conversées sur un sujet d’une extrême gravité. La lumière du feu n’était pas suffisante pour pouvoir pénétrer les capuchons des sept personnes mais Glardat reconnut instantanément Neelus à sa tenue particulière.
« C’est la seule voie qui s’offre à nous si nous voulons préserver les choses telles qu’elles étaient.
Le jeune garçon aurait reconnu cette voix sourde et monocorde entre mille. C’était celle de Mayar, le plus influent des Maîtres Gardiens. Il avait déjà été Grand Maître par le passé, et était apprécié pour son extraordinaire calme en toute chose.
-Je suis d’accord, approuva une voix plus aigüe.
Ce timbre-là, Glardat n’eut, non plus, aucun mal à l’identifier : il appartenait à Zineïss autre membre du cercle des Maîtres. Tous les Maîtres Gardiens semblaient s’être donné rendez-vous dans cet endroit lugubre. L’adolescent le chercha donc des yeux, et reconu vite la carrure de son mentor qui faisait lui aussi partie de cette assemblée. Cependant s’il s’agissait bien là de tous les Maîtres il y avait manifestement deux personnes surnuméraires. Glardat n’eut cependant pas le temps de poursuivre ses cogitations car il fut interpelé :
-Tu peux venir mon garçon, nous t’attendions.
C’était Mayar qui avait parlé de son habituelle voix absente de modulation. Se sachant découvert le jeune homme s’exécuta. Il rejoignit l’assemblée au côté de son maître. Pendant qu’il bougeait il put apercevoir les visages des autres personnes présentes : Comme il s’y attendait Garrett se tenait au côté de Mayar. D’après ce qu’il savait sur ce personnage taciturne, il avait été pendant un temps l’élève de Mayar, et avait formé avec lui un tandem très efficace à l’extérieur. Il avait été ensuite promu au rang de Maître Gardien. La pupille verte de son œil magique, remplaçant le sien perdu jadis, brillait à l’intérieur de son capuchon. Enfin les deux derniers membres de ce rassemblement se trouvèrent être son comparse et ami, ainsi qu’Elmeïss. Lorsqu’il la vit tout devint clair dans l’esprit de Glardat. La demande du livre n’était en fait qu’un prétexte qui avait servi à l’attirer jusqu’ici. Maintenant qu’il y pensait, la demande de la jeune fille sonnait faux depuis le début. Celle-ci lui adressa un sourire en coin à son arrivée.
-Bienvenu jeune Glardat, poursuivit Mayar, avec ton arrivée nous sommes maintenant au complet. Comme tu l’auras deviné cette assemblée a été constituée de façon tout à fait officieuse. Nous sommes ici pour mettre en exécution ce que nous redoutions avoir un jour à faire : une conjuration.
-Une conjuration, répéta Glardat abasourdi !
-Oui, Fenrir a refusé de se plier aux règles de notre ordre en renonçant à sa place de Grand Maître au terme de la période de régence qui lui avait été par deux fois confiée. Ses réactions sont devenues de plus en plus imprévisibles. Il nous faut donc le tuer.
Glardat n’en croyait pas ses oreilles, cela relevait de la pure et simple trahison. Il se tourna alors vers son maître le visage rempli d’incompréhension.
-Je comprends ta surprise, assura Kalen en posant une main sur l’épaule de son disciple, mais dis-toi que j’ai moi aussi put constater la déchéance de notre Maître. Fenrir a été un homme sage, mais le pouvoir et la peur de sa mort prochaine l’ont corrompu. Il s’est approché de trop près des savoir interdits et a perdu la raison. Fais-moi confiance s’il te plait.
C’était la première fois Kalen demandait quoi que ce soit à Glardat, de plus, celui-ci avait depuis longtemps décidé de faire une confiance aveugle à son mentor quoi qu’il arrive. Sidonis et la jeune fille ne réagirent pas, sans doute la situation leur avait-elle déjà été expliquée.
-Je… Je suis avec toi Kalen !
Le sourire qu’afficha le quadragénaire était particulièrement franc cette fois-ci, on pouvait y lire une infinie reconnaissance.
-Bien, dans ce cas je vais poursuivre, reprit Mayar. Notre plan a pour objectif final d’attirer Fenrir jusqu’ici afin de le tuer. La tour, et a fortiori le bureau du Grand Maître, sont trop protégés pour pouvoir tenter quoi que ce soit à l’intérieur. Il faut donc créer une diversion assez importante pour le forcer à se déplacer en personne. Cette diversion doit également le pousser à ne pas alerter le reste des Gardiens préférant se charger seul des intrus. Nous ciblons donc les livres qu’il consulte dans l’espoir de rallonger sa vie. La diversion devra être effectuée par les apprentis, pendant que nous, nous nous chargerons de préparer les lieux pour tendre une embuscade à Fenrir. Celui-ci viendra sans nul doute avec ses gardes du corps, il faudra les vaincre eux aussi.
-L’espace est trop petit pour pouvoir se mouvoir correctement avec de tels adversaires, fit remarquer Neelus, il va falloir les séparer.
-Pas de précipitation Neelus, nous en discuterons plus tard, continua l’érudit, pour l’instant il nous faut faire vite. Ce lieu est protégé par les hiéroglyphes des Gardiens qui empêchent tout contact avec les livres. Il y en a trois en tout, tous régit par un mot de commande différent. Les incantations sont immuables mais pas les défenses qui nous séparent des glyphes, Fenrir a donc put les modifier. Nous avons fait notre possible pour que les défenses soient minimes, les apprentis n’auront qu’à se soucier des énigmes. Au croisement indiqué, toi Sidonis tu poursuivras tout droit, Elmeïss, tu iras à gauche, et toi Glardat tu emprunteras la voie de droite. Mon esprit vous guidera à travers les méandres du labyrinthe, et je vous direz quand prononcer l’incantation.
Sur ces mots Mayar distribua à chaque adolescent deux feuilles de parchemin. Sur l’une d’entre elle était écrite la fameuse formule permettant d’inactiver les glyphes. Sur l’autre on pouvait lire d’étranges instructions.
-Ces indices sont donnés à chaque maître, ils vous permettront de traverser les dédales… et d’y survivre. Kalen et Neelus, vous êtes les plus rapides d’entre nous, vous vous chargerez de tuer Fenrir »
Les deux hommes acquiescèrent.
-Garrett, Zineïss et Moi, nous nous occuperons de ses deux gardiens.

Lorsque Mayar eut finit son exposé les conjurés se répartirent selon les équipes qu’il avait formé et on put observer un instant Kalen et Neelus discuter de tactique et d’enchainements de combat, pendant que Zineïss et Mayar tissaient des toiles invisibles dans les airs du bout de leurs doigts tout en prononçant des paroles dans le plus mystérieux et le plus fascinant des langages.
Les trois apprentis partirent donc dans la direction qu’on leur avait indiquée, et arrivèrent très vite au croisement.
« Drôle d’histoire, commenta Sidonis.
-Oui, enfin, j’ai confiance en Kalen
-Moi aussi, affirma-t-il en avançant vers le couloir qui lui était destiné. A tout à l’heure alors.
Il s’engouffra dans la pénombre.
-A tout à l’heure Glardat lâcha Elmeïss avant de disparaitre à son tour. »
Le jeune voleur emprunta donc le chemin qui restait en se jurant qu’il reverrait le visage de ses deux amis.

En suivant les torches régulièrement espacées Glardat avançait prudemment dans le corridor. Il arriva bien vite à une intersection. Le couloir se séparait en trois voie, l’une simple continuité de celui-ci, une autre était masquée par un voile pourpre, et la dernière séparée par une inquiétante porte en fer recouverte de bas-reliefs représentant des visages grimaçants. Il déplia alors le parchemin qui contenait les instructions et lut la première ligne : La voie la plus occulte tu choisiras.
La réponse lui parut évidente et il s’engagea sur le chemin barré par la lourde porte pour poursuivit son exploration. Il parvint finalement à un autre carrefour qui lui laissait trois choix. Toutes les voies semblaient identiques mais des rumeurs différentes lui parvenaient depuis les profondeurs du couloir. La voie de droite était remplie de hululements et de murmures. Si l’on tendait l’oreille devant celle du centre on ne pouvait entendre qu’un abîme de silence. Quant à celle de gauche, elle laissait entendre un grognement inquiétant. La deuxième ligne du texte disait : La voix la plus terrifiante tu suivras. Cette fois c’était compliqué, les trois choix semblaient tous aussi effrayants. Mais au bout de quelques minutes de réflexion Glardat se dit que rien ne devait être plus inquiétant que le plus pur des silences et pénétra dans le passage central. Presque aussitôt après, le corridor avait triplé de largeur et Glardat se trouvait à nouveau face à une énigme : Le passage était unique, pourtant le texte indiquait : Le chemin le plus sombre tu arpenteras. Les lumières venaient à présent de gemmes incrustées dans la paroi même de la roche et il était impossible de les éteindre. Il fallut au jeune homme un long moment de réflexion pour trouver la solution. Il avait décidé de se couper de toute lumière, et s’avança donc, les yeux fermés. A chacun de ses pas la peur le tenaillait. Il se croyait déjà mort lorsque son front heurta le mur du couloir qui retrouvait sa taille normal. Il arriva ainsi à la dernière épreuve. Le couloir se terminait là, par une coupure nette qui le séparait d’un abyme de ténèbres insondables. L’équilibre de toute chose tu conserveras. Telle était la consigne. Glardat tenta de mettre un pied dans le vide, et se surprit à trouver le néant aussi solide qu’aurait pu l’être du parquet. Il avança donc. Au fur et à mesure de sa progression, les ténèbres se refermèrent sur lui sans qu’aucune sortie visible ne le guide vers son objectif, prisonnier d’une trame sombre infinie. Une terrible vision s’imposa alors à lui, Sidonis, un peu plus loin était en train de se faire dévoré par une meute de loups affamés, il gémissait et appelait son ami à l’aide. Celui-ci allait dégainer lorsqu’il se souvint de la consigne. L’équilibre de toute chose… L’équilibre repose sur l’indifférence. Si on appliquait ce précepte à la lettre il fallait se montrer indifférent à toute chose. Glardat passa ainsi devant son ami agonisant, devant son maître, et ne fit nullement attentions aux diverses attaques dont il était la cible. En revanche apparut bientôt une vision proche de l’horreur. Elmeïss était là allongée sur un chevalet, et un bourreau anonyme lui faisait subir les sévices les plus innommables. Les cris de la jeune fille résonnèrent comme un appel à la démence dans le cerveau du jeune garçon qui ne pouvait plus se contrôler. Il savait qu’elle ne pouvait se trouver là, mais il ne pouvait laisser cet acte atroce impuni. Alors Qu’il s’apprêtait à quitter le chemin salvateur il entendit la voix de Mayar résonner dans sa tête :
« -Laisse jeune Glardat, ce n’est qu’une illusion.
Mais …
-Elmeïss est en vie, je la sens, elle va bien, tu es au cœur de ses pensées en ce moment jeune Glardat. Alors ne la déçoit pas, avance ! Avance ! »
Les paroles du vieux sage eurent raison de l’abject mirage et bientôt Glardat était sorti des ténèbres. Ses pensées volaient droit vers celle qu’il aimait alors qu’il courait rejoindre la salle du glyphe.
L’extrémité de ce couloir sans fin débouchait sur une salle circulaire dont les murs étaient parcourus de motifs lumineux. Les entrelacements de hiéroglyphes rutilants baignaient la pièce dans une aura bleutée presque éblouissante. Lorsqu’il eut franchi le seuil, la voix de Mayar résonna de nouveau à l’intérieur de l’esprit de Glardat :
« Bravo Jeune Glardat. Tu vas bientôt pouvoir désactiver le glyphe quand je t’en donnerai l’ordre. Ecoutes bien. Sur la feuille que je t’ai remise son gravé les symboles que tu devras toucher pour inactiver la puissance magique de cette pièce. Tu dois les toucher dans l’ordre et sans erreur, et tu devras te monter assez rapide pour que tout ceci soit synchronisé avec l’action de tes amis. Bien, attends mon signal…
Glardat déplia le parchemin en sa possession et attendit fébrilement l’ordre du Maître. Moins d’une minute s’écoula avant que sa voix ne résonne de nouveau :
-Maintenant !
Aussitôt la main du jeune homme se posa sur le premier symbole inscrit sur la feuille, en réponse la lumière de celui-ci s’intensifia. Ses mains parcoururent le mur aussi vite qu’elles le pouvaient, respectant scrupuleusement la série indiquée sur le parchemin. Lorsqu’il foula le dernier des signes, tous s’emplirent d’une lumière chaude et intense comme si un feu intérieur venait brusquement d’être allumé en leur sein. Glardat fut éblouit pendant un instant… Puis, plus rien. Tout l’éclairage avait disparu et les symboles n’étaient plus désormais que de sombres bas-reliefs.

Glardat resta un moment ainsi à contemplé son œuvre en se demandant s’il avait ou non réussit. Mais un grondement sourd qui s’échappa du couloir lui appris que les Maîtres devaient avoir commencés leur combat. Il rebroussa chemin au travers d’un corridor dont les pièges avaient disparu, pour finalement rejoindre le croisement où lui et ses amis s’étaient séparés. Sidonis était déjà là, attendant visiblement le retour des deux autres. Glardat et lui se tombèrent presque dans les bras lorsqu’ils s’aperçurent. Tous deux soulagés de se revoir, ils se congratulèrent mutuellement d’avoir déjoué leurs pièges respectif. Elmeïss ne tarda pas non plus à arriver, les deux adolescents accueillirent son retour avec allégresse, et même s’ils gardèrent leurs distances ce ne fut pas le cas de la jeune fille qui étreignit Glardat avec ardeur et soulagement. L’expression de Sidonis était semblable à celle qu’il avait affichait cinq années plus tôt lors du premier combat entre Glardat et Elmeïss. Il avait la désagréable sensation d’être bloqué dans la lecture d’un livre dont il aurait manqué plusieurs pages, et se sentait perdu devant un rapprochement aussi soudain entre ses deux amis.
La liesse Générale fut cependant de courte durée, une violente explosion, le bruit du fer s’entrechoquant, leur rappelèrent qu’un violent affrontement faisait rage à quelques mètres d’eux.

Inquiets, les jeunes disciples se rapprochèrent de la source du vacarme, mais à peine les combattants furent-ils en vue qu’un aveuglant flash de lumière annihila leur vision. Leurs oreilles vrillaient et un opaque voile blanc recouvrait leurs yeux. Tout mouvement était incertain, et il était facile de heurter un des murs de l’étroit corridor.
Leurs sens revinrent peu à peu, la lumière agressive ne semblait avoir affectée qu’eux et les combattants persévéraient dans leur hargne sanguinaire. Alors qu’il ouvrait ses yeux Glardat put contempler la fin de l’affrontement qui opposait Fenrir à ses maîtres. Le jeune homme n’avait jamais vu Kalen, ni même Neelus et Fenrir aussi mal en point. Tous saignaient en de multiples endroits et arboraient des habits déchirés. L’un des bras de Neelus pendait faiblement à son côté, visiblement hors d’usage. La robe du Grand Maître n’était plus qu’une parodie de vêtement dont les lambeaux trainaient sur le sol, son visage était bien plus abimé que d’ordinaire, de multiples entailles étant venues rejoindre ses sillons naturels. Seul Kalen semblait conserver la majeure partie de sa vitalité. Son torse était, néanmoins sévèrement brulé. Glardat n’avait jamais vraiment douté de son maître mais il avait maintenant la confirmation de toutes les constatations faites sur la santé mentale de Fenrir. Les rides de son visage s’étaient atrocement étirées pour laisser voir le regard le plus dément qu’il lui eut été de d’observer. Sa bouche était à demi ouverte et ses lèvres fendues d’un sourire sadique. De grandes sphères d’énergie tournoyaient dans ses mains et il était visiblement prêt à les lancer sur quiconque approcherait de lui.
« Pauvres fous, je suis l’équilibre, rugissait le vieillard ! Sans moi l’ordre s’effondre, vous ne pouvez pas me tuer ! Je suis l’équilibre et le seul qui ait droit de vaincre !
Ses adversaires ne prirent pas la peine de répondre à la folie qui s’abattait sur eux. Ils échangèrent un regard fugitif, et se remirent aussitôt en mouvement.
-Vous n’irez nulle part sal petits rats, hurla le dément en projetant une de ses sphères ! »
Il avait lancé le sort sans même viser et celui-ci s’écrasa sur la cloison de pierre soufflant plusieurs livres. La rapière de Neelus se rapprochait dangereusement de lui et il envoya son autre sphère sur l’homme masqué. L’agressé dût faire un bond vertigineux pour esquiver l’orbe mortelle. Kalen profita du mouvement de son adversaire pour lui immobiliser les deux mains, maintenant qu’il était sans défense.
« Maintenant, hurla-t-il à l’adresse de son allié ! »
La rapière du roublard fendit l’air en direction de sa victime mais le regard de Fenrir suffit à détourner le fer, désarmant son adversaire.
Neelus toisa son ennemi avec colère, l’aura qui se dégageait de ce regard aurait fait fuir le plus brave des hommes, car il était le reflet d’une âme aussi froide que la glace. Glardat était pétrifié à la simple idée de devoir un jour encaisser cette œillade. Comprenant que son arme serait inefficace Neelus leva sa main valide et ferma les yeux. Les ombres commencèrent alors à courir le long de son bras, se condensant lentement. Lorsqu’il ferma son poing une lame entièrement constituée de ténèbres prolongeait son membre. Le mouvement fut rapide et bientôt le glaive noir transperçait le vieil homme de part en part. Ses veines se contractèrent, écrasant les pupilles du Grand Maître impuissant. Il s’écroula bientôt dans la poussière du souterrain.

Une fois le combat terminé, les élèves rejoignirent leurs maîtres éreintés. Mayar, Zineïss et Garrett arrivèrent bientôt, leur combat achevé. Pendant un moment, pas un mot ne fut échangé, les maîtres soignèrent leurs blessures, les magiciens usant de leur puissant savoir pour refermer les plaies et ressouder les os. Lorsque toute l’assemblée sembla être en état d’écouter, Mayar prit de nouveau la parole, peut-être était-il soulagé, ou tout simplement satisfait, il conserva pourtant son éternel phrasé absent de toutes nuances.
« Ce qui devait être fait a été accompli. Vous avez tous remarquablement rempli votre rôle dans cette page noire de notre histoire. Il nous faut à présent désigner qui succédera Fenrir. Tout d’abord, certains d’entre vous souhaite-t-ils se présenter ?
Seul Neelus leva la main.
-Très bien, reprit-il. Comme le veut la règle il doit y avoir au moins deux candidats. En tant qu’ancien Grand Maître, c’est mon devoir de désigner qui sera le deuxième.
Il se tut un instant balayant l’assemblée du regard.
-Kalen je te choisis.
Tous les yeux se tournèrent vers le désigné, ses deux disciples essayant de deviner comment leur mentor allait réagir. Néanmoins, celui-ci savait qu’être désigné de la sorte n’était pas sujet à délibération. Il s’agissait d’un ordre et il n’avait pas le choix. Il se contenta donc d’accepter :
-Bien.
-Nous allons donc pouvoir procéder au vote, reprit Mayar. Pour ma part, ma voix va à Kalen. Tu as beaucoup voyagé et tu possèdes un vaste réseau de relations qui sera grandement utile aux Gardiens. De plus tu as montré ton habilité à choisir et à former les plus prometteurs de nos éléments, dit-il en désignant Glardat et Sidonis. Neelus, tu es un de nos meilleurs agents à l’extérieur, tu possèdes des qualités d’infiltration et de stratège bien supérieur à celles de Kalen. En tant que tel du dois rester mobile le plus possible, je ne pense pas que ce poste te conviennes.
Au fond de lui Neelus bouillait de rage. Il savait que les belles paroles aux dehors mielleux n’étaient qu’une façade manipulatrice de Mayar destinée à l’écarter car celui-ci le considérait comme trop radical. Le vote se poursuivit par le choix de la vieille magicienne.
-Je me range à l’avis de Mayar. Je suis désolé Neelus, te talents sont indéniables, mais je ne pense pas que ce soient ceux attendus d’un Grand Maître.
Une ride de colère commença à pincer l’arrête de son nez, tout cela semblait avoir était planifié, ce qui le mettait hors de lui.
Bien évidemment, Neelus vota pour lui-même. Quant à Kalen, comme l’attention était focalisée sur lui, et que la situation tournait à son avantage, il préféra ne pas se prononcer. Neelus se tourna alors vers celui qui constituait sa dernière chance d’égaliser les voix. Garrett était resté silencieux comme à son habitude, son œil magique produisait un bruit étrange tandis qu’il jugeait l’assemblée. Le silence était de plus en plus pesant et tous attendait son verdict. Finalement il fit part de sa décision :
-Je décide de voter pour Kalen, et j’invoque les même raisons que celles de mon maître. Neelus, tu es un de nos meilleur agents, ta place n’est pas ici à gratter du papier.

L’homme vaincu dut faire appel à toute son énergie pour se dominer, tous ses compliments n’étaient rien de plus qu’un rejet catégorique, enrobé du plus amer des sucres, il ne le savait que trop bien…
Il n’eut cependant pas le temps d’exprimer son sentiment, car avant qu’il ait pu prononcer le moindre mot, Mayar levait la main pour reprendre la parole :
-C’est donc décidé, Kalen deviendra la nouveau Grand Maître. Il reste cependant un problème à régler. Nos oracles ont récemment détectés une nouvelle forme de magie. D’après leurs visons, l’aura provient d’un château isolé qui se trouve au Nord de la ville de Croul. Cette tâche ne peut pas attendre, et j’ai besoin d’un volontaire pour s’en occuper sans plus tarder.
Le silence s’installa un instant au sein de l’assemblée. Mais alors que la magicienne allait se désigner, une voix s’élevait avec force :
-Je me porte volontaire !
Le ton de Kalen était des plus déterminé, de ceux que personne d’autres que Mayar aurait cherché à contester.
-C’est assez peu orthodoxe Kalen, fît-il remarquer, tu devrais plutôt rester ici et te préparer à ta nouvelle fonction.
-C’est justement pour ça que je demande qu’on me charge de cela. Je n’aurais que peu l’occasion de voir l’extérieur après ceci et je souhaiterais accomplir une dernière mission avec les membres de mon équipe.
Les élèves de Kalen étaient figés dans l’instant, ils regardaient tour à tour leur maître et le vieil homme. Celui-ci resta muet un instant, derrière son capuchon, il se remémorait le passé avec nostalgie. Il donna sa réponse dans un soupir :
-Bien, fais comme bon te sembles Kalen. Prépares toi à partir demain matin avec ton équipes, vous voyagerez par téléportation. J’assurerai le poste de Grand Maître jusqu’à ton retour… C’est tout. »

Kalen esquissa un mouvement de tête reconnaissant à l’adresse de Mayar, puis se tourna vers son compagnon qui ruminait encore ses noires pensées. Il lui posa une main fraternelle sur l’épaule en signe de réconfort, mais celui-ci se détacha dans un mouvement brusque. Il quitta la pièce sans dire un mot, sous le regard attristé de Kalen. Il se tourna donc vers ses deux disciples :
« Vous avez été exemplaires, égales à vous-même. Toi aussi Elmeïss tu as été remarquable, ajouta-t-il à l’adresse de la jeune fille. Allez-vous reposer maintenant, je vous retrouve demain dans le hall. Entendu ?
Les deux garçons acquiescèrent.
Ils se préparaient alors à rejoindre leur chambre lorsque la jeune adolescente agrippa le bras de Glardat.
-Viens !
-Où ça, lui demanda celui-ci visiblement étonné ?
-Tu … n’as pas envie de venir dans ma chambre ?
-Hein ! Quoi ? Pourquoi ?
-Elle soupira, T’es toujours aussi prévisible... Qu’est-ce qui se passe si je fais ça ? »
Pour la deuxième fois, le visage d’Elmeïss se rapprocha de celui de Glardat. Les yeux du garçon ne s’étaient jamais autant écarquillés lorsque la bouche de la jeune fille rencontra la sienne. Ses lèvres douces et chaudes enrobaient celles du jeune homme avec envi. Elle fut cependant surprise, car il ne resta pas figer longtemps. Si cet instant l’avait stupéfait, Glardat l’avait tellement fantasmé, tellement rêvé, que chaque geste était gravé en lui. Il enlaça la jeune fille, et lui rendit son baiser, et même plus…

Kalen regardait la scène attendrit, C’était là le regard d’un père débordant d’affection. Il quitta bientôt lui-aussi la pièce, un doux sourire aux lèvres.

Sidonis cherchait désespérément les pages du livre qui lui manquaient…



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Lith Deloth
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Ven 24 Fév - 20:33

TINTINTIN Revoici le critique officiel des aventures de glardat ! Je vais donc rattraper mon retard. Allez, je m'y met avec du angel beats a fond !!


Car l'équilibre est la plus précieuse des choses :

Déjà... je trouve que le mot chose n'est pas le mot le plus approprié pour ce titre, a la place j'aurai plus vu "le plus précieux des principes" ou bien mettre chose avant précieuse

Le passage a travers le portail fut instantané, je ne sais pas si c'est utile de préciser, par définition quand on passe un portail c'est instantané non ?
^^Une étendue herbeuse --> Une plaine non ?
Pour le soleil, peut-être qu'une comparaison avec le normal aurait aidé a se faire une idée, du genre "un soleil faisant trois fois celui qu'il connaissait"
Le regard de glardat ne pouvait le voir entier ? Je passe en mode chieur alors, le champ de vision d'un homme est relativement important, la forme du batiment ne colle pas avec une telle affirmation, ou bien si l'on considère que le regard n'est que le point central de notre champs de vision alors c'est normal.
Description du batiment : le triangle est donc une pyramide ? ou réellement un triangle vertical ? De plus je ne sais pas pourquoi mais je n'arrive pas a déterminer c'est c'est horizontal ou vertical, je dirai horizontal, mais ma première impression était qu'il était vertical.
Question : que veux-tu dire par : (la tour) tout aussi cyclopéène que le reste du monument (et pourquoi monument ?)
Glardat pense que son maître est un simple gardien ?!! Alors qu'il a tant d'estime et d'admiration pour lui ?! Je trouve que ça ne colle pas, surtout pour lui qui est si vif d'esprit d'habitude.
Arcs voutés cyclopéens, encore ce mot ? Mais il veut dire quoi a la fin ><
Le nom du grand maître est fenrir ? Il me semble que c'est le nom du méchant chef loup garou dans harry potter.
Le meuble principal était au centre de la pièce. Diantre ! quel est ce mystérieux meuble ? Une table ? Un bureau ? Un lit ? Dieu seul le sais.
Le rôle des gardiens... NOUS SOMMES SUR LA MEME LONGUEUR D'ONDE !!! Je ne sais pas pourquoi ni comment mais le dernier personnage que j'ai créer pour nos rp word est une personne gardienne de l'équilibre, avec une philosophie identique !
L'équilibre est en chacun de nous... FAUX Il n'existe pas d'être équilibré, donc pas d'être parfait. Une personne équilibrée serait a la fois bienveillante et malveillante, bonne et mauvaise, triste et joyeuse, et ce a tous instants, ce n'est pas possible.
Par rapport a la doctrine... Je n'ai ni le temps ni l'envie de m'embarquer pour une discution dessus, nous pourrons toujours faire ça de vive voie demain.
Bon, j'avoue que j'aurai bien vu le maître remettre a Glardat un quelconque symbole de leur ordre, mais ce symbole est en définitive essentiellement spirituel.
G... Glardat est encore bien loin de l'indifférence apparement ^^
définition d'antagoniste svp^^"
le repas se révéla , j'aurai mis s'avéra moi, mais après chacun son style d'écriture.


Voici pour le chapitre dont le nom est cité plus haut !
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Eleanora Liadon
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Dim 26 Fév - 20:47

Tu dois en avoir marre que je répète toujours les mêmes choses ^^' Je dis toujours que j'ai adoré et que c'est super... Mais le problème, c'est que je trouve rien d'autre à dire tellement j'aime ^^

J'adore Sidonis qui comprend rien ^^ au fait, il est pas du tout jaloux lui?

la lumière qui les a aveuglés quand ils sont revenus.... Elle venait d'où???

Comme le dis Lith, Glardat n'a pas encore tout à fait compris ce qu'est l'indifférence.... Et je trouve ça trop mignon!!!!!

Encore merci pour ces aventures ^^
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Glardat Tardax
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Mar 28 Fév - 18:20

Bon je vais repondre à quelques questions quand meme...
Lith, je crois que tu as eus ton compte quand on s'est vu, et je t'encourage à continuer d'écrire de tels commentaire, même si à côté, un commentaire plus global serait le bienvenu.

-ELEANORA!!! :

-Un garçon peut-il ne rien refuser... Je pense que oui. Ca dépend lequel, mais franchement j'en connais qui sont très très soumis à l'élu de leur coeur.

-Sidonis n'est pas jalous de l'histoire entre Glardat et Elmeïss, il a lui-même ses propres conquêtes, et ses propres plaisirs que je n'ai pas prix la peine de détailler.

-La lumière qui les a aveugée venait d'un sort. Après qui l'a lancé, comme eux même ne le savent pas, je ne le sais pas non plus. Probablement Fenrir pour pouvoir se replier.
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Lith Deloth
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Mer 29 Fév - 19:20

Commentaire global ? Soit. ça tombe plutot bien je n'ai vraiment pas envie de faire un truc détaillé.
Déja je t'ai expliqué ce que je pense de l'histoire, c'est un back ground. Donc il est vrai que tu ne peux pas t'attarder sur l'histoire, mais dans ce cas pourquoi est-ce écrit avec tant de précision ?
Ensuite un truc qui m'a gêné, le grand maître, c'était un maître je me trompe ? Alors pourquoi est-il aussi puissant ?
Sidoni n'a pas les pages manquantes, mais nous non plus, ça retire a mes yeux l'intérêt de cette incompréhension.
La relation entre Glardat et Elmeiss... pourra être intéressante, là c'est du quitte ou double, soit tu fait un truc pas mal, sois quelque chose d’inintéressant qui souligne juste le premier amour de Glardat, il ne faudra alors pas trop de détails.
J'aime l'idée de l'épreuve dans le noir.
Question, les gardiens de l'équilibre sont une organisation plutôt puissante ?
Oui : Alors pourquoi est-ce si imparfait ? (pour le role de grand maître) Pourquoi ai-je l'inpréssion en lisant qu'il s'agit d'un hotel particulier pour les personnages que tu nous as présenté. Et pourquoi Kalen, en tant que maître semble-t-il innocupé ?
Non : Alors leurs "locaux" ne sont-ils pas trop grands ? Il semblent riches, comment est-ce possible ? Dans ce cas, une expliquation serait la bienvenue.

C'est tout pour le moment.

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Glardat Tardax
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Sam 3 Mar - 9:51

Cette nuit je ne veux pas rêver de toi !


C’est au beau milieu de la nuit que les conjurés rejoignirent leurs appartements respectifs. Le jeune couple approchait de la petite porte de la chambre. Leurs mains se seraient fermement, et le cœur de chacun battait à un rythme débridé. Ils pénétrèrent dans la pièce en tout point semblable à celle dans laquelle vivait Sidonis et Glardat si ce n’est qu’elle n’était aménagée que pour une seule personne. A peine eurent-ils franchi le seuil qu’Elmeïss enlaçait le jeune homme en refermant la porte.
Glardat était envahi de bonheur de sentir le corps de la jeune fille contre le sien, et lui rendit son étreinte. Les mots qui lui brûlaient les lèvres depuis tant d’années s’échappèrent enfin, le silence qui les suivit fut celui d’un profond bonheur :
« Elmeïss… Je t’aime.
-… Moi aussi je t’aime. »
Ils échangèrent alors leur deuxième baiser, plus long, plus langoureux. Leurs lèvres se déjoignirent un instant, leurs respirations se faisaient plus saccadées, on pouvait littéralement voir le désir bouillonner dans leurs yeux. Ils enchainèrent des baisers, de plus en plus sensuels, leurs corps se rapprochaient, leurs mains caressantes de plus en plus intimes. Glardat passa tendrement ses doigts dans les cheveux de la jeune fille les dénouant. Elle, passa sa paume sous la tunique de celui-ci. La douceur de cette main chaude sur sa peau fit chavirer le jeune homme de désir. Elmeïss se colla contre lui ardente d’envie.
«Cette nuit, je ne veux pas rêver de toi ! Je veux vivre contre toi !! »
Pour toute réponse, Glardat l’embrassa plus amoureusement, plus langoureusement que jamais. Ces doigts courant le long du corps de son aimée, passant sur ses hanches, ses cuisses et s’attardant sur ses seins… s’arrêtant au niveau du col. Il commença à déboutonner sa tunique…

Les corps, désormais nus, des deux amants étaient pressés l’un contre l’autre. Ils avaient rejoint le lit, chaque caresse devenant de plus en plus forte. Leur désir était insoutenable. C’est alors que, dans le plus doux des mouvements, Glardat se fondit en elle. Cette fusion produisit une formidable vague de chaleur dans le corps des deux adolescents. Leur plaisir alla croissant, et leurs souffles se faisaient de plus en plus courts. Les yeux d’Elmeïss étaient aveuglés par une fureur désirante, ses mains couraient le long du corps de son partenaire, s’arrêtant sur ses reins et accompagnant ses mouvements avec force.
Leurs souffles saccadés embaumaient la pièce jusqu’à ce que tout leur désir ce soit échappé de leurs corps. Alors qu’ils étaient encore haletants, leurs yeux se rencontrèrent. Ils échangèrent dans ce regard un flot de tendresse avant de fondre leurs visages l’un dans l’autre, ivres de bonheur.

Ils restèrent enlacer un long moment, profitant de cette nuit qui ne semblait exister que pour eux. Glardat n’avait jamais été aussi heureux, il savourait chaque frôlement avec le corps de son aimée. Chaque passage de sa main sur le dos de la jeune fille lui rappelait qu’elle était là, près de lui, qu’ils étaient ensemble en ce moment même, et qu’en cet instant plus qu’en tout autres : ils s’aimaient…

La nuit fut courte pour les deux amants et le ciel ne tarda pas à blanchir au travers des carreaux de la petite chambre. Glardat dû se séparer de la tendre jeune fille blottie contre lui pour se préparer à rejoindre son maître. Il se rhabillait lorsqu’un chant s’éleva soudainement derrière lui. Elmeïss avait commencé à entonner une douce mélodie, sa voix était d’une pureté incomparable, et une fois de plus, Glardat était séduit. Il avait instantanément reconnu la langue la plus douce qu’il connaissait : l’elfique. La chanson était mélancolique mais en même temps rassurante et chargée de tendresse. Le jeune homme n’osa pas prononcer un mot avant qu’elle soit terminée.
« Je ne savais pas que tu chantais, avoua le garçon qui ne savait pas quoi dire d’autre.
-Tu sais, Neelus m’a formé à être une courtisane, à séduire les hommes. Il m’a appris à chanter et à danser.
- Alors pourquoi chantes-tu maintenant ?
-Je voulais que tu entendes ma voix seulement après. Je voulais être sûre que tu m’aimais bien pour ce que je suis et non pour ce que mon maître a fait de moi.
Glardat sourit.
-Même si Neelus est un peu particulier, il a eu raison de t’apprendre à chanter. Ça ajoute beaucoup à ton charme.
La jeune fille lui rendit son sourire, elle se saisit du col de sa tunique et l’attira vers elle pour lui donner un ultime baiser avant son départ.
-Je chanterai toujours pour toi avec plaisir, pour que ma voix t’accompagne où que tu ailles.
-Je t’aime.
-Moi aussi… De combien de temps disposons nous encore ?
-Pas assez malheureusement, répondit le jeune homme avec un sourire espiègle, il nous faudra patienter.
Elmeïss répondit avec une moue boudeuse :
-Et bien va-y. J’attendrai ton retour avec impatience.
Cette fois-ci, c’est Glardat qui se pencha pour l’embrasser.
-Oh moi aussi. »

A la limite du retard, le garçon se prépara aussi vite qu’il le pût et sortit en trombe de la chambre, non sans avoir encore une fois embrassé (plusieurs fois) sa dulcinée. Lorsqu’il arriva dans le hall où il devait retrouver Sidonis et Kalen, ses deux compères étaient déjà là. La pièce était une des plus vastes à l’exception de la bibliothèque : elle s’étendait en longueur, supportée par de massives voûtes romaines toujours constituées de la même pierre sombres qui composait chaque recoin du bâtiment. Son sol était constellé de cercles gravés en bas-reliefs qui n’étaient autre que les portails servant à la téléportation. A son arrivée, ses compagnons affichèrent tous deux un sourire plus large que leur propre visage, et à l’espièglerie évidente. Même si Glardat s’était attendu à ce genre de réaction, le regard éloquent de son maître le mit mal à l’aise.
« Tu as l’air d’avoir passé un nuit déplorable, commenta Kalen.
-J’espère qu’elle t’a laissé dormir, reprit Sidonis, elle avait l’air vraiment enragée.
-Fermez la tous les deux !
-Notre blondinet serait donc un grand romantique, marivauda son maître en lui ébouriffant les cheveux ?
Glardat lui sourit avec franchise :
-j’ai passé une nuit merveilleuse Kalen.
Le sourire si particulier de son mentor fut sa seul réponse.
-Expédions cette mission rapidement alors, conclue-t-il. »

Les équipiers se dirigèrent alors vers l’un des larges cercles qui étaient gravés sur le sol de la salle, et se placèrent en son sein. Les élèves de Kalen n’ayant jamais utilisés se mode de déplacement auparavant, celui-ci leur expliqua qu’ils avaient juste à rester à l’intérieur du cercle. Celui-ci avait été préalablement enchanté par Mayar pour que le mot de pouvoir les transporte à quelques lieues de leur destination. Cela était nécessaire car leur objectif se trouvait dans une forêt, et il y était très difficile de s’y téléporter sans risquer de rentrer dans un arbre. Kalen sortit alors le parchemin sur lequel était inscrit le mot de commande qui les ferait partir. Il attendit qu’un signe de tête de ses deux compagnons lui assure que ceux-ci était prêt, Puis il lut à haute voix les syllabes magiques qui firent disparaitre les contours familier qui se trouvaient autour d’eux... a jamais.



A suivre....


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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Sam 3 Mar - 10:13

Yo Lith! Alors c'est partit pour le repondage!!

Alors oui mon histoire est un background, mlais c'est une bonne excuse pour ne pas tout avoir à détailler. En fait croisbien que si j'en avais le temps (et aussi les idées parfois) je le ferai. Ensuite si je détaille certaines parties c'est tout simplement parce que j'en ai envi. Oui je sais c'est un peu facile mais bon... ^^

Fenrir n'est pas démesurement fort. Il est juste chiant à battre parce qu'il a avec lui ses deux gardiens anges/démons. Après il aurait sans doute perdu en combat singulier contre Mayar qui est lui aussi un magicien. Mais celui-ci était plus utile à combattre les gardes. Kalen et Neelus auraient eut du mal s'en charger seul car il ne maîtrise pas la magie aussi bien. Mais leur jeu d'équipe fait qu'ils ont pu reussir. Il faut considérer que tous les maîtres sont très très forts. Mais parfois dans un domaine qui n'est directement lié au combat direct.

Quand je parle de pages manquantes, c'est uniquement une métaphore pour souligner l'incompréhension se Sidonis vis à vis des échanges spontannés entre Elmeïss et Glardat. Les pages qui vous manques sont celles de l'éllipses de cinq ans probablement. Je détaillerai un peu plus cette periode dans des annexes que j'avais prévu de faire avec des infos sur les lieux et les personnages. Toi qui aiment les petits détailes tu vas êtres comblé!^^


Alors les gardiens... Ce n'est PAS un hôtel particulier hé ho! C'est juste que je n'est détaillé que trois jours dans cet endroit. Kalen et ses disciples sont déja partit en mission ensemble par le passé mais comprends bien que je ne pouvais pas me permettre de détailler tout ça. L'organisation est très secrète mais néanmoins extremement puissante. Effectivement je n'ai pas pri grand temps de détailler son fonctionnement en long et en large, peut-être est-ce un tord, mais j'aurais trouvé ça un peu barbant pour vous. Si c'est imparfait, c'est que malgré ses grands principes, cette organisation reste dirigée par des hommes et donc elle ne peut pas être exempte de tout défaut. Fenrir a été sage... il ne l'est plus.
Là encore je ferais plein de détailles dans les annexes. Le role de Kalen pour l'instant, c'est en priorité de former ses élèves. Il est parfois appelé sur le terrain, comme tu as pu le voir, mais dans cette partie du livre il reste avant tout un instructeur.


Voila voila j'espère avoir répondu à toutes tes interrogations surement légitime car je dois avoué que je n'avais pas imaginé qu'on puisse m'en poser autant! ^^
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Dim 4 Mar - 9:16

Comme tu l'avait dis, ce chapitre est plutôt chaud, mais pour je ne sais quel raison, ce que j'ai le plus retenu de la première partie, c'est le nombre d’appellation entre Elmeïss et Glardat ^^

Ce que j'ai le plus aimé, je crois, c'est l'échange avec ses deux compagnons à la fin. C'est trop mignon Kawai

La fin, ou plus précisément la dernière phrase..... Donne vraiment envi de savoir pourquoi il ne reviennent jamais. En plus, je ne sais pas si je suis la seule à le faire, mais j'essaye de relier le Glardat adolescent et le Glardat adulte des RP.....

J'adore également le passage où elle chante.... C'est trop mignon et j'aime bien le fait que la langue elfique soit la plus belle langue qu'il existe <3

Merci pour les Aventures de Glardat et rendez-vous pour de nouvelles aventures! (j'ai toujours voulu dire ça ^^ )
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Ven 9 Mar - 19:14

La véritable magie


Les faisceaux de magie violets qui tournoyaient autour d’eux devinrent de moins en moins épais, et un nouveau paysage commença se dessiner. Les premiers rayons de cette matinée hivernale baignaient la plaine d’une timide lumière dorée, la lande était recouverte çà et là de petits ilots neigeux qui lui donnait un aspect cristallin sous l’aurore. La large lisière d’une forêt de conifère se trouvait à quelques mètres d’eux, aucun sentier ne semblait avoir été tracé dans ces contrées sauvages. Les aventuriers prièrent le temps d’inspirer une généreuse bouffé de cette air qu’ils avaient coutume d’appeler l’air de l’extérieur chargé d’effluves absentes dans la dimension des Gardiens. Kalen stoppa leur contemplation d’un large mouvement de bras :
« Aller en route ! »
D’un mouvement vif, les voyageurs rajustèrent leurs sacs sur leurs épaules et partirent en direction de la forêt. Dès qu’ils y eurent pénétrer, leur champ de vison fut obstrué par la multitude de troncs particulièrement resserrés. Ils continuèrent vers le Nord, s’enfonçant dans les profondeurs de la végétation, presque jusqu’aux racines des collines. Ils approchaient de leur objectif : là, entre les sapins et les hauteurs devait se trouver la demeure de celui ou celle qui menaçait l’équilibre. Le voyage n’avait pas été long, une ou deux heures tout au plus, pendant lesquelles Sidonis avait inlassablement charrié son comparse sur sa conquête de la nuit passée, et lui avait également expliqué en détail les différents pièges qu’il avait eu à éviter pour atteindre le glyphe qui lui avait été destiné. La journée étant à peine commencée, Kalen proposa de monter un campement afin d’attendre les faveurs de la nuit pour tenter une approche lus discrète. Les compagnons s’installèrent donc en bordure du fleuve qui s’écoulait depuis les collines, celui-là même qui descendait jusqu’à Croul et qu’ils avaient longé cinq ans plus tôt.
« Nous serons très bien ici, fit remarquer Kalen, Nous sommes suffisamment loin, et cette forêt constitue un excellent couvert.
-Et qu’allons-nous faire en attendant, demanda Sidonis ?
-Je pense qu’on pourra envoyer un éclaireur au crépuscule. Et en attendant je pense que nous pouvons discuter si ma compagnie ne vous lasse pas trop.
Leur mentor accompagna sa phrase d’un de ces fameux sourires impénétrables.
-Non bien au contraire, répondit sincèrement le garçon qui ne savait pas trop comment prendre la remarque qui lui avait été faite.
-J’espère que l’on pourra quand même te voir lorsque tu seras devenu Grand Maître, ajouta Glardat.
-Bien moins souvent je le crains, mais cela vous permettra de vous forger votre propre expérience.
Le ton pragmatique que Kalen utilisait ne lui était pas familier et ses deux disciples ne surent pas trop quoi répondre.
-Allons, reprit-il, n’avez-vous pas envie de vivre de multiples aventures, comme je l’ai fait ?
Les adolescents étaient partagés. Ils ne souhaitaient aucunement abandonner leur illustre mentor qui était véritablement un père pour chacun d’eux, mais ils devaient aussi admettre qu’ils étaient impatients de découvrir le monde. Comprenant que leur séparation était inéluctable Sidonis rompit le silence :
-Je n’oublierai jamais ce que tu m’as enseigné Kalen !
-Moi non plus, ajouta Glardat, pour nous deux tu as été bien plus qu’un maître.
Le sourire de Kalen se métamorphosa, on pouvait maintenant y lire une reconnaissance infinie et indéniablement sincère. Les yeux du quadragénaire commencèrent à s’humidifier alors qu’il reprenait la parole.
-Dites-moi, vous ai-je déjà raconté l’histoire tragique de Méthélion l’ensorceleur ?
Les deux garçon furent surpris et ne gratifièrent pas cette question de leur NON habituel. Ils avaient été habitués à ce que le héros des récits de leurs maître soit Kalen en personne aussi ce changement les intriguait fortement.
-Eh non, reprit Kalen comme s’il avait pu lire dans leurs pensées, ce n’est pas moi le héros de cette histoire, mais cela me concerne directement. Voyez-vous, cet ensorceleur s’appelle Méthélion Tardax.
-Quoi ! S’exclamèrent les deux adolescents.
-eh oui. Je pense qu’il est temps que je vous parle un peu de la lignée des Tardax.
-Il y a une lignée Tardax, interrogea Glardat ?
-surprenant n’est-ce pas ? Mais il y a plus étonnant encore. Une coïncidence particulièrement étrange : il se trouve que aucuns des membres de cette lignée n’a mis au monde un enfant. La lignée s’est perpétuée d’enfant adoptif en enfant adoptif. Les Tardax sont une lignée d’orphelins.
Cette révélation eut l’effet d’un coup de massue asséné par un géant sur Glardat et Sidonis. Ils se découvraient être les fils d’une longue lignée de personnes tous liés par un destin commun : la perte de leurs parents.
-Laissez-moi vous conter la suite, continua Kalen, aussi loin que l’on puisse remonter, c’est-à-dire il y a à un peu plus de cent cinquante ans, le premier des Tardax était le roi de toute la province Nord-Est d’Excaleal. Ankthélion Tardax. Ne pouvant pas avoir d’enfant il décida donc d’en adopter un, cela faisait de lui, selon les lois, le légitime héritier du trône. Cela ne plût pas aux nombreux prétendants qui organisèrent une conjuration contre le souverain. Ils tuèrent Ankthélion, mais son fils adoptif réussit à s’enfuir devenant le premier membre de la lignée errante des Tardax.
-Mais alors, cela signifie que nous sommes les prétendants légitimes à sa succession, déclara Glardat soudainement très intéressé.
-Non, non, reprit le narrateur, le royaume est depuis longtemps oublié et il a depuis été rattaché à la province de Sidonn. Nous ne sommes plus que des orphelins errants, mais je trouve que cela à beaucoup plus de charme.
Glardat se contenta de soupirer.
-Ainsi donc, Méthélion est la personne que je considère comme le père que je n’ai jamais eu. J’avais cinq ans la première fois que je l’ai rencontré : Je vivais sans réelle famille dans une petite communauté paysanne au Nord du Lac Divin. Le village avait été attaqué par les orques et ils avaient faits beaucoup de prisonniers, notamment les enfants. Je fus de ceux-là. Les créatures avaient sans doute prévu de nous revendre j’imagine, ils nous avaient attaché et nous transportaient vers l’Est. Que ce soit par persévérance ou par chance mes liens on cédés, et je pus m’enfuir. Je ne serais pas allé bien loin sans le couvert de la forêt, mais je serais mort sans l’intervention de l’ermite qui je rencontrais par hasard ce jour-là. Mes poursuivants furent réduits en cendres, et en un clin d’œil je me retrouvais dans le repère d’une des personnes les plus puissantes du continent. Mais ça je ne le savais pas encore. Le semi-elfe habitait une petite cabane au cœur de la forêt, au confort rudimentaire mais suffisant pour ces recherches. Cette humble maison n’avait, en effet, rien à envier aux plus prestigieuses tours de sorcier. C’est donc dans ce capharnaüm magique au sein duquel il n’était pas possible de faire quelques pas sans marcher sur des parchemins magiques, ou de heurter un bâton de puissance que j’ai passé mon enfance. C’est avec ce personnage étrange que j’ai grandis. Il m’a enseigné la magie, le combat mais également l’art de la furtivité. Si je devais résumer la personne de Méthélion en seul mot je dirais : perfectionniste. C’était quelqu’un d’acharné sur ses recherches et il lui arrivait de passer plusieurs jours penché sur de vieux de grimoires. Aussi l’entrainement qu’il me dispensa fut autant de qualité, que ses conseils me furent précieux. Taciturne de nature, il aimait cependant me raconter de nombreux récits qu’il avait entendu au cours de ses voyages, car il fut sans doute l’un des plus farouches explorateurs que j’ai connus. Il avait parcouru le continent d’Est en Ouest, et bien d’autres encore, car cet homme avait une obsession voyez-vous. Il avait, en effet, développer ses talent inné pour la magie, dans un premier temps seul, puis par la suite au sein de l’académie de Metatipa qui reste encore une des plus célèbre aujourd’hui. Sa nature d’ensorceleur le rendait victime de préjugés des plus discriminants dans un collège de magiciens, qui tentèrent de lui faire apprendre la magie à leur manière : par les livres et les incantations inlassablement répétées. Mais mon maître avait en lui une conviction des plus profondes, celle qu’avec le temps et la méditation on pouvait lancer des sorts sans aucune forme d’incantation. Lorsqu’il fit sa déclaration aux maîtres de la guilde il fut rayé, à tels point qu’il jura de ne revenir que lorsqu’il aurait parfaitement maîtrisé son art. Sa moitié de sang elfique lui accordant une existence plus longue, il entreprit un interminable voyage afin d’acquérir toutes les connaissances qu’il cherchait. Il fit beaucoup de recherche sur les objets magiques pour comprendre comment ces objet inanimés pouvaient lancer des sorts, sans mouvement ni incantations. Il s’intéressa aussi grandement aux créatures possédant des capacités magiques innées et pouvant s’en servir sans la moindre contrainte. Il traversa ainsi la sépulture du célèbre mage Tenser à If, et il sympathisa avec le Grand Maître du monastère draconique au sommet de San Nilo. Comment vous le décrire physiquement sinon ? A vrai dire, je crois qu’il paraissait encore assez jeune, mais il avait pour habitude de toujours porter son capuchon relevé par-dessus sa robe de mage, et ceux, quel que soit les circonstances. Moi-même je ne le vit sans sa capuche qu’un bref instant : le jour de son exécution… Six ans après ma rencontre avec Méthélion j’étais encore jeune, et je savourais chaque jour que je passais avec cet être unique, car chaque levé de soleil était synonyme d’un nouvel enseignement. Chaque jour venait avec son lot d’apprentissage, et je ne cessais de questionner mon père adoptif sur la nature de la magie, et sur la beauté des villes qu’il avait traversé. Et un jour, j’entendis le cri le plus mémorable de toute ma vie. C’était un cri de victoire si perçant qu’il aurait soumis une armée entière, c’était le symbole de l’accomplissement le plus total. Méthélion avait réussi. Il était parvenue à s’affranchir de toute forme de d’incantation et de rituel, la magie irradiait autour de lui et semblait sortir sur simple injonction de sa pensée.
Nous partîmes donc vers Metatipa afin que mon père fasse enfin reconnaitre leurs torts aux mages de l’académie. Metatipa est véritablement la ville de la magie, et à mon arrivée je fus subjugué par la grandeur des lieux. Les hautes tours des archimages défiaient l’horizon et la magie semblait faire partie du quotidien des gens. Les magiciens y sont reconnus plus que partout ailleurs c’est certain. Même à Hirreal on a plus de respect pour les prêtres. Ainsi nous pénétrâmes dans le collège des puissants et nous retrouvâmes bientôt au sommet d’une des tours les plus arrogantes en compagnies de dix vénérables acariâtres et sceptiques quant à la véracité des dires de mon maîtres. Mais la démonstration qui suivit dissipa tous leurs doutes : Méthélion déchaina sa puissante magie, en montra une parfaite maîtrise qui se révéla même supérieure à celle des anciens.
Les archimages durent bien admettent qu’ils avaient eu torts, et promirent à mon maître de le reconnaitre officiellement au panthéon des plus illustres magiciens de l’histoire. Cependant, sa gloire fut de courte durée, car ses pouvoirs n’étaient rien comparés à l’insondable vilénie d’un orgueil blessé. Ainsi alors que nous fêtions notre exploit dans une des tavernes de la ville (le poney invoqué pour la petite histoire) des hommes en armes sortirent de l’ombre et m’attaquèrent. Méthélion tenta de négocier alors qu’un des hommes menaçait de m’égorger, mais une goutte de mon sang dû couler sous la lame car le sang froid de mon père adoptif s’évanouit en un instant lorsque des éclairs déchainés vinrent pourfendre mes assaillants. Bien sûr, la milice fût prévenue et mon maître dû s’expliquer. Malgré l’injustice évidente de la situation, on l’obligea à porter des bracelets qui lui empêchaient de faire appel à la magie pour qu’il soit mis en examen par les Maîtres de l’académie. Confiant il me commanda d’attendre à l’extérieur que la décision soit rendue. Pas un instant il n’avait soupçonné que les vieillards le trahiraient sans hésitation. Ils le dénoncèrent donc pour pratique illégale de la magie démoniaque, et le condamnèrent à mort. Je me souviendrai toujours de ce moment affreux, les gardes corrompus l’escortant jusqu’au billot. Sa dernière volonté fût de me parler, j’étais comme paralysé, je n’avais jamais fait face à une telle injustice, une injustice si tragique…
Kalen s’interrompit un instant, la nostalgie lui serrait la gorge, et pour la première fois, ses disciples le virent dans un instant de faiblesse.
-L’homme qui m’avait sauvé la vie et élevé comme son propre fils m’adressait ses dernières paroles. Sans doute s’en voulait-il de m’avoir quelques peu délaissé au profit de ses recherches car il me dit ceci : « Adieu jeune Kalen, Je suis vraiment ravi de t’avoir connu, parmi toutes les personnes dont j’ai croisé le chemin tu es celle qui m’a apporter le plus de bonheur. Ne pleures pas et vas de l’avant, et souvient toi d’une chose : La véritable magie, c’est la vie, car elle n’a besoin d’aucune incantation pour nous ensorceler. » A ces mot il me glissa un papier dans la main et s’en retourna. Je me souviens avoir crié à en perdre la voix, mettre débattu comme un dément, mais la hache s’abattit inéluctablement sur la nuque de celui qui fut le plus grand des ensorceleurs. Celui qui m’a montré la magie. Celui qui fut mon père. Méthélion Tardax.

Les deux auditeurs restèrent silencieux un long moment, chamboulés par ce récit tragique. Cet homme dont ils avaient ignoré jusqu’ici l’existence semblait avoir été un des plus puissants lanceurs de sort et n’était autre que leur grand-père spirituel. Sidonis finit par demander :
-Qu’y avait-il dans le papier ?
-Intriguant n’est pas ? Il contenait les instructions permettant d’ouvrir un coffre secret fermé par magie qui se trouvait dans la cabane de Méthélion. Là il avait conservé un journal de son épopée, un carte, et une foule d’objets magiques dont certain que je possède encore, notamment mon épée.
Kalen dégaina l’ouvrage de maître qui pendait à son côté. L’épée était parfaitement équilibrée, et présentait des finitions d’une extrême finesse. La lumière qu’elle renvoyait prenait une très douce teinte dorée comme si on l’avait plongé dans un liquide flamboyant.
-Cette lame possède des propriétés étonnantes, commenta son processeur, aujourd’hui encore, je me demande comment Méthélion a acquis un objet aussi rare. D’après ce que je sais, cette épée est vraiment très ancienne, et aurait été forgée par les nains en cadeau au roi elfe de l’époque. C’était durant des temps de troubles, et les races s’étaient alliées pour affronter le retour de Mordenkainen.
-J’en ai entendu parler, fit remarquer Glardat, alors cette épée aurait plus de mille ans ?
-Apparemment. Son histoire doit être bien tumultueuse pour avoir atterrie dans les coffres de Méthélion.
-Il faudrait demander à un elfe, suggéra Sidonis visiblement très intéressé.
-Aucun elfe n’est aussi vieux malheureusement. Le peu que j’ai appris sur cette épée me vient d’une liche encore plus vieille que la poussière de son tombeau.
Kalen rengaina alors la lame mystérieuse dans son fourreau, il continua à disserter avec ses élèves autour d’un repas frugal pendant quelques heures. Il lança une discrète œillade vers le ciel, une légère nappe violette commençait à envelopper les ombres à l’ouest. Il finit par dire :
-Bien, nous allons bientôt pouvoir passer à l’action, mais avant cela, il faut que nous fassions quelque chose.
Il se leva.
-J’aurais préféré faire ça autrement mais les circonstances m’y obligent. Nous ferons donc ça à l’ancienne. Sidonis !
Le jeune homme sursauta, tant cette apostrophe était inattendue.
-Ton courage et ton initiative feront de toi un combattant talentueux et un aventurier plein d’audace. De plus ta sagesse, je le sais, te guidera aux travers des mensonges de ce monde. N’oublies pas d’apprendre ce que nous ont légué les anciens, car c’est dans leurs savoir que tu trouveras le pouvoir qui te fait défaut aujourd’hui.
Kalen écarta les pans de son armure et découvrit un collier jusqu’alors invisible : au bout d’une fine cordelette, pendait une dent impressionnante aussi longue qu’un index. Il détacha le pendentif, et le tendit son disciple.
-Ceci est une des dents du dragon-tortue que j’ai chevauché dans ma jeunesse. Il rend hommage à ton instinct, et à ton sang bouillonnant. Lèves toi maintenant !
On pouvait lire la vénération dans les yeux de l’adolescent. Ses yeux noirs pénétraient avec respect ceux de son maître alors qu’il s’exécutait. Glardat, assit à côté, n’osait pas prononcer le moindre mot. Kalen se tourna vers lui :
-Glardat ! Tu as toujours été vif comme une flèche d’argent, aussi bien dans ton esprit que dans corps. Tu as acquis un savoir précieux qui fera de toi un stratège hors pair, ainsi qu’une connaissance magique qui te rendra très polyvalent. Tu as l’audace d’un roublard. Mais n’oublies jamais que le monde mérite mieux que la tromperie. Cuirasse ton esprit et ne cèdes jamais à la facilité.
A ces mots Kalen extirpa de son annulaire son anneau de Gardiens. Le bijou en or, simple cercle orné d’une serrure, symbole des savoirs interdits.
-Cet anneau est celui de notre ordre, il montre à quel point l’équilibre est précieux à tes yeux, et que tu le défendras grâce à ton savoir et à ta détermination. Lèves toi maintenant !
Glardat imita son comparse, il était, lui aussi, happer par la beauté de ce moment. Posant la main sur l’épaule de chacun de ses deux fils, Kalen leur dévoila un nouveau sourire. Un sourire qu’il avait conservé pour l’occasion. Un sourire qu’ils n’oublieraient jamais.
-Félicitations ! Désormais, vous êtes des Gardiens ! »


A suivre...
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Eleanora Liadon
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Sam 10 Mar - 7:17

Cette partie est... très émouvante.... J'ai beaucoup aimé "tu as été bien plus qu'un maître pour nous", c'est trop mignon, et surtout très profond je trouve.

L'idée de la lignée et pas mal et l'histoire du maître de Kalen est super et l'on comprend mieux le personnage et pourquoi il a recueilli si facilement quelqu'un. De plus, c'est une mise en abyme, ce qui montre le courant baroque............ Désolée, je m'égard, on vient d'avoir le bac blanc de français, c'est pour ça =P

Il y a un truc qui me chiffonne... Si Sidonis n'a pas de bague de gardien, ça ne va pas poser de problèmes? Kalen n'ont plus n'en a plus, ça veut dire qu'il va en avoir une autre du fait de sa nouvelle fonction?

Autre chose, quand tu dis que la ville était baignée de magie, ça veut dire quoi concrètement? ce sont des sortes d'auras? d'auréoles lumineuse autour des gens et des bâtiments? Des vibrations dans l'air?

Cet épisode est sympa..... Mais il faut la suite parce que l'on ne sait toujours pas pourquoi ils ne vont jamais revenir.... Bref, j'attend la suite avec impatience ^^

Bisous et bonne continuation!!!!

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Glardat Tardax
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Ven 16 Mar - 19:33

Une ombre dans les ténèbres


Rien de ce moment ne pouvait être oublié : Le sourire de leur maître, son discours accompagné par le bruissement de la rivière, le soleil déclinant qui répandait une lumière mouchetée par les aiguilles des sapins. Tous les détails de cet instant cérémonial était à jamais gravés dans la mémoire des deux adolescents.
L’obscurité était maintenant assez épaisse, et Glardat fut choisi pour partir repérer le terrain. Il parcouru le plus discrètement possible, la courte distance qui séparait leur campement de leur objectif. L’endroit ne fut pas difficile à trouver car des lumières irréelles baignaient le lieu. Le jeune espion comprit aussitôt pourquoi le propriétaire avait choisi de s’établir à l’écart de toute habitation. Dans un petit creux du vallon, se dressait devant lui un impressionnant château rutilant coiffé de nombreuses tourelles menaçantes. La construction irradiait la magie, et les lueurs des fenêtres changeaient de couleur à intervalles réguliers. L’endroit était sans aucun doute gardé, et Glardat ne prit pas le risque de s’approcher d’avantage, il profita habilement de son couvert pour observer en détail les issues de la demeure. Une intrusion discrète ne serait sans doute pas facile, mais grâce à la cape volante de leur maître, il leur serait sans doute possible de se glisser par une lucarne isolée.

Ayant rempli sa mission, le jeune Gardiens retourna faire son rapport au reste de son équipe. L’horreur l’avait précédée. A quelques mètres du bivouac, la rumeur d’une violente altercation lui parvint. Ne cédant pas à la panique, le roublard s’approcha discrètement, et se fut seulement alors qu’il put cerner tout le drame de la situation. Une dizaine d’hommes vêtus de capes avaient attaqués ses amis, Sidonis gisait sur le côté, sa tête sur le bord de la rivière. Un mince filet rougeâtre se déversait dans l’eau. Deux hommes immobilisaient Kalen, le forçant à rester à genoux. Un troisième se tenait face à lui, le menaçant de son arme. La cape, le masque, et l’éclat rouge de la rapière ne laissaient aucune place au doute. Il s’agissait de Neelus, et ces hommes, ces hommes qui les attaquaient, c’étaient des Gardiens. Pourquoi ? Pourquoi les Gardiens se retourneraient-ils contre Kalen ? Tapit dans les fourrés, Glardat n’osait pas faire le moindre geste. Il observait, son maître, rabaissé, vaincu. Il défiait cependant Neelus de toute la force de son regard.
«Qu’espères tu obtenir en agissant ainsi Neelus ?
La rage qui brillait dans les yeux de l’homme masqué sembla s’intensifier alors qu’il reposa sa propre question :
-Encore une fois, Où est-il ? Où est le deuxième de tes deux chiens de garde.
-Mayar est plus perspicace que tu sembles le croire, Ta mise en scène ne te servira à rien.
-Le crois-tu ? Mayar croira ce qu’il verra, et je lui montrerai ce qu’il doit voir.
-Toujours aussi absolu Neelus. Les Gardiens valent mieux que ça.
- Epargnes-moi tes sermons, tu es naïf. Les Gardiens ne sont rien de plus qu’une organisation qui cherche à étendre son influence.
-C’est faux. Notre doctrine a un sens, et nous sommes nombreux à croire en elle.
-Alors dis-moi, Grand Maître Kalen, où est l’équilibre dans tout ceci, qu’elle raison donne tu as ta mort et celle de tes disciples.
- Il n’y en a aucun, avoua Kalen, tu as trahit notre cause, tu as rompu l’équilibre !
-L’équilibre n’a jamais existé Kalen, on ne commence à se soucier de ce qui nous entoure que lorsqu’on le domine. Pour la dernière fois, Où est Glardat ?
Un rictus amer illumina le visage du quadragénaire.
-Quel malheur pour toi qu’il n’ait pas été là, c’était le grain de sable inespéré dans ton plan si parfait. Tu as commis ta plus importante erreur Neelus, car je sais qu’un jour cet enfant te tuera pour ce que tu as fait aujourd’hui.
Un court silence ponctua la réplique de Kalen, avant que son adversaire éclate d’un rire fou.
-Me tuer, moi ? Je me rappelle encore comment il se cachait derrière toi la première fois qu’il m’a vu.
-Il est d’une rare intelligence, tu ne le trouveras jamais, mais lui, un jour, il te trouvera.
Glardat comprit alors que ce message lui était en fait adressé, Kalen savait qu’il les écoutait.
La patience de Neelus, avait cependant atteint sa limite, il leva sa rapière dans un geste lent qu’il savoura.
-Un dernier mot de défis peut-être ?
Kalen leva la tête, même dans cette posture d’infériorité il n’avait rien de pitoyable, au contraire en cet instant précis il se sublimait.
-Il t’aura ! »
Neelus ne répondit pas, sa rapière s’avança mortellement dans la gorge de l’homme remarquable qui s’effondra dans l’herbe humide. Ainsi s’éteignit Kalen Tardax.

Quelque chose s’était brisé chez Glardat, la réalité avait pris à jamais une part de lui-même ce jour-là. Ses convictions les plus profondes furent ébranlées, et son monde s’écroula. Son équilibre fut rompu…
Ce qui se passa ensuite ne se déroula que dans une semi réalité, les jambes de Glardat l’avaient poussées à fuir ces lieux aussi vite que possible, allant toujours plus loin sans se soucier de la direction. Et sans vraiment s’en apercevoir, il avait atteint la lisière. Une vision le fit cependant sortir de sa torpeur, une silhouette, une silhouette familière se tenait face à lui. Elmeïss l’attendait, mais ces yeux étaient baignés de larmes, on y lisait l’incompréhension.

« Pourquoi ?
Le jeune homme ne répondit rien, la situation lui échappait totalement.
-pourquoi nous as-tu trahis ?
Glardat était désemparé, il se contenta de hocher la tête négativement
-Mon maître m’a dit, que Kalen avait projeté d’assassiner Mayar, ainsi que tous les autres Maîtres. Et malgré ça toi tu as continué à l’aider ?
-Comment peux-tu croire une chose pareille ?
- J’ai vus de mes yeux les lettres qu’il a écrites à l’intention des Gardiens renégats, je les ai vus !
Glardat éclata de rage avec toute la force de sa tristesse.
-Tu sais bien que c’est un manipulateur, il t’a dupé, comme tous les autres. Moi je l’ai vu assassiner mon maître, et il a tout révéler.
La jeune fille hésita. Tout comme Glardat elle avait appris à avoir une confiance aveugle en son maître, mais d’un autre côté, elle avait envie de croire son amant. Sans se poser la question de qui était dans le juste elle voulait savoir ce qui allait se passer.
-Et…qu’est-ce que tu vas faire maintenant ?
-Je ne sais pas, avoua-t-il. Si Neelus a gagner, je n’ai plus aucun espoir du côté des Gardiens.
-Peut-être… Je pourrais venir avec toi.
-Mais si tu fais ça, tu ne pourras jamais rester avec les gardiens.
-Je m’en fiche, je veux rester avec toi !
-Non !
Ce simple mot avait déchiré le cœur de la jeune fille, mais Glardat aussi, au plus profond de lui-même, souffrait atrocement.
-Tu dois rester avec Neelus et être mon alliée. Comme ça, tu pourras le frapper de l’intérieur quand je reviendrai. Tu seras mon élément de surprise.
-C’est stupide, hurla la jeune fille ! Ça peut prendre des années !
-C’est le seul moyen ! Frapper des deux côtés en même temps pour surprendre l’adversaire, c’est ce qu’on nous enseigne en premier.
Elmeïss était atterrée, elle ne parvint qu’à articuler dans un souffle :
-Non…c’est…stupide…
Une logique calculatrice et froide s’était emparée de l’esprit de Glardat. Les rouages d’un raisonnement sans faille et sans sentiment s’étaient mis à tourner dans un ordre parfait qui à chaque instant tordait son cœur dans la plus insupportable des douleurs. Ses larmes lui brulaient les joues. Il enlaça son aimée
-Elmeïss, promet moi de penser à moi tous les soirs, car tous les soirs je penserai à toi. Quel que soit la distance, nous dormirons sous le même ciel. Je t’aime.
La jeune fille ouvrit la bouche pour répondre.
-Elmeïss chope le !
Ses poursuivants avaient retrouvé Glardat, ils étaient encore handicapés par la végétation de la forêt et descendaient la pente vers la lisière. Glardat dû alors se résoudre à faire une terrible chose : Avant même que la jeune fille ai pu répondre, il lui assena un violent revers de son poing avant de s’enfuir à toutes jambes. Ainsi, elle n’avait pu se trahir, c’était lui leur ennemi, pas elle.

Il disparut bientôt, continuant de courir. Il avait laissé derrière lui tous ce à quoi il tenait. Il courait sans se soucier de la direction, se mêlant aux ombres environnantes. Les dernières paroles qu’il avait pu entendre de son amante lui écrasaient l’esprit, un pragmatisme inhumain le rongeait. « Te reverrai-je ? »avait-elle murmurée. La réponse était cruelle : Lui, la verra. Mais elle, comment pourrait-elle le voir ? Un mouvement insolite, une impression mystérieuse, mais elle ne le reverra pas. Personne ne reverrait jamais Glardat Tardax, car il était désormais, une ombre dans les ténèbres.













































La Mort d’un Homme. La Naissance d’une Ombre.































A suivre....

(cet épisode est le dernier pour l'instant. La fournée suivante n'arrivera pas avant les vacances d'été. D'ici là je vous préviendrai des nouveautés. Je crérai notament une rubriques annexes rempli d'annecdocte. Et pourquoi par rédijerai entièrement certain récits de Kalen.^^)



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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Ven 23 Mar - 19:42


Je trouve que cette partie est.... frustrante.... Je sais pas trop si c'est parce que la suite va se faire désirée ou si c'est à cause de ce qui se passe... En tout cas, tout ce que je veux dire c'est que Kalen était meilleur que Neelus. Lui, au moins, savait que Glardat les entendait....

C'est dommage que le couple doive se séparer, mais bon, tant pis....

J'adore la fin "la mort d'un homme, la naissance d'une ombre" c'est super CLASSE !!!!!!

Voilà Kawai Moi, j'aime toujours autant, et j'aimerai que tu répondes à mes questions.....
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Ven 23 Mar - 21:49

ELEANORA!!!

Tu as bien raison, je seraisun bien piètre auteur si je vous demandais des choses sans rien donner en retour.

Alors voyons: Sidonis n'a pas de bague des Gardiens... En fait je n'en ai pas parlé parce que l'idée m'est venu après (ca fera sans doute l'objet d'une annexe) mais tous les gardiens n'ont pas de bague. Par contre ils tous un objet qu'ils ont choisit et qui les identifie comme tel. Le background de Kalen vis à vis des Gardiens et un peu spécial et il est le seul, avec Neelus à avoir une bague des Gardiens. Le fait qu'il la donne ne lui posera pas de problème. En temps que Grand Maître il n'aura pas se justifier ni à s'identifier puisqu'il ne sortira plus.

Ville baignée de magie... un bien grand mot peut-être. Ce que je veux dire, c'est que la magie est entrée dans le quotidien des gens, ils ne seraient pas surpris de voir un aubergiste cuir ses poulet avec une baguette de boule de feu ou se genre de chose. De plus la présence de nombreuses tours de mages et de l'academie font que la présence de la magie est très forte, on peut donc parler d'une aura autour de certain batiments. Mais c'est plus un sentiment, une sensation qu'une auréole visible dans ce cas.

Enfin Kalen ne savait pas que Glardat les écoutait, mais il s'en doutait puisque lui connaissait la mission de son disciple et donc il savait qu'il allait bientôt revenir. Et puis de toute fçon neelus était bien trop occupé à savourer sa victoire pour détécter quoi que ce soit.

Dommage que tu trouves ce chapitre frustrant, il est fait pour être triste. S'en suit après cela la troisième et dernière partie qui va sans doute être plus longue que les deux premières réunies. Glardat y poursuivera son chemin qui fera véritablement de lui un voleur sans scrupule, mais néanmoins tourturé par son passé et par ses remords. Demeurant ainsi sensible pour certaines choses (en aparticulier les orphelin) et pas dénué de compassion loin de la...
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Sam 31 Mar - 11:12

J'aurai bien commenté mais après 4-5 heures de naruto entrecoupé de dodo et musique je ne suis pas encore en état de répondre désolé.
Mais j'aime bien la tournure des évênements.
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MessageSujet: Re: Les Gardiens de l'Equilibre   Dim 1 Avr - 8:46

J'ai enfin rattrapé mon retard !
J'attends la suite avec impatience !!!

Au fait, tu as fait passer la "pisseuse de 12 en manque" (comme le veux la formule) que je suis à 2 doigts des larmes ^^
Mais pour l'instant seuls de grands auteurs avait réussi (Pierre Bottero, JK Rowling, Christopher Paolini, Sophie Audouinmamikonian...) donc ne décourage pas =D

ça se lit vraiment très bien, j'ai essayé de reprendre du début mais je l'ai trouvé tellement médiocre par rapport aux derniers épisodes que j'ai abandonné ! Le jour où tu iras voir un éditeur pense à le modifier ^^

Mais tu tires vraiment de très bons enseignements des critiques qui te sont faites : c'est admirable et je suis désolée de ne pouvoir t'en
écrire d'aussi constructives !

Bon courage pour la suite et pour ton boulot !
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Les Gardiens de l'Equilibre

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